SUR LES PAPYRUS HIÉRATIQUES
par
C.W. Goodwin

[Extracted from Revue Archaeoloogique, vol. 4 (1861), pp. 119-36.]

Deuxième article1

[See also the ENGLISH translation.]




NOTE PRÉLIMINAIRE DU TRADUCTEUR


La lettre dont M. Goodwin communique aujourd'hui aux lecteurs de la Revue l'analyse raisonnée est intéressante à plusieurs titres. De l'ancienne Egypte, les monuments nous rappellent surtout les splendeurs des rois, les succès de leurs armes et les pompes sacerdotales. Ici, le tableau des misères du travailleur nous montre que le moderne fellah n'a pas trop à regretter le régime des temps pharaoniques. En lisant ce tableau, on comprend qu'une investigation superficielle ait pu induire en erreur les partisans des rapprochements bibliques. Ils ont cru y découvrir un souvenir presque contemporain des plaies dont l'Egypte fut frappée lors de l'Exode des Juifs. Celte illusion a été de courte durée, mais elle a eu du retentissement et nous a donné la mesure du danger des solutions prématurées; la méthode sévère de M. Goodwin indique la voie qu'il faut suivre pour arriver à des résultats vraiment sérieux.

F. Chabas.
Chalon-sur-Saône, 25 février 1861.


La première lettre dont je me propose d'essayer l'analyse est la cinquième dans la collection du scribe Pentaour; elle débute à la ligne 11 de la cinquième page du papyrus Sallier I. Comparativement, elle n'offre pas de grandes difficultés au traducteur, et nous avons d'ailleurs l'avantage d'en trouver, au papyrus Anastasi V, [p.120] p. 15, un duplicata bien plus nettement écrit, offrant environ une cinquantaine de variantes orthographiques plus ou moins importantes.

Nous y lisons d'abord la mention des noms des scribes entre lesquels s'échange la correspondance:

V, 11. HAR SAU-SKHAI2 AMENEMAN EN HAT-PATI EN AA-PATI-ANKH-UTA-SNEB, TAT EN SKHAI PENTAUR.
           Le chef des gardiens des écritures Ameneman, du trésor d u Roi3 dit au scribe Pentaour.

Je laisserai de côté tout ce qui peut être considéré comme évident ou suffisamment connu des égyptologues, et limiterai mes commentaires aux seuls points de difficulté. Dans la phrase qui précède, un seul mot semble exiger quelques explications; c'est le composé sau-skhai, en hiéroglyphes [GLYPHS]. Le signe initial marqué C. 14 au catalogue des types de l'imprimerie impériale a pour variante sur les monuments la figure [GLYPH] [B. 81]. Il faut se garder de confondre ces deux signes avec [GLYPH] [C. 15] et [GLYPH] [B. 82]. Ces derniers ont en effet un son et un emploi différents.

Pour [GLYPH] et [GLYPH], j'adopte le sons ou sa, d'après le groupe [GLYPHS]4 où se rencontre cet élément phonétique. Cette variante, d'après les observations de M. Edwin Smith, est fréquente dans les Rituels. Dans une variante des basses époques, l's initial du nom de la ville de Sni (Esnè) est exprimé par le même hiéroglyphe.5

[GLYPHS] est presque toujours précédé des lettres [GLYPHS], ari, qui en représentent sans doute la valeur phonétique. Il y a lieu de remar- [p.121] quer toutefois que dans l'hiératique ces différents signes sont absolument de la même forme et ne peuvent être distingués que par leurs compléments phonétiques.

Confondu avec ari, le mot sau a été traduit garder, conserver, et rapproché du copte jre5, custos. Ce sens convient réellement dans certaines phrases, et en particulier dans celle qui m'occupe; mais il est inapplicable dans beaucoup d'autres. Ainsi, par exemple, dans le portrait du militaire courbé sous sa charge: ne tesu en ati-f sau, les jointures de son échine sont sau6, le sens probable est brisé, rompu, et ce même sens convient encore bien à la phrase: sau-k ati en pen kheta,7 tu romps le dos de ce Kheta. Au Rituel revient à plusieurs reprises l'expression: sau sbau,8 que je traduirais briser, écraser les rebelles.

L'acception éviter ou défendre semble admissible dans des phrases telles que celles-ci: sau-tu er par en banra em karh em hru pen, il est défendu (ou il faut éviter) de sortir la nuit, ce jour-là9 et sau-tu ur-ur, cela doit être évité rigoureusement, ou bien cela est très- défendu.10

L'un des meilleurs exemples de l'acception garder, observer, se trouve dans le traité de Ramsès II avec les Khétas, où on lit la disposition suivante: «Ce sont les paroles de la tablette d'or du pays de Kheta et de l'Egypte; celui qui ne les observera pas .... et celui qui les observera.»11 C'est le mot sau qui exprime ici l'idée observer. On rencontre dans un autre texte la mention d'une jolie jeune fille gardant [sau] les vignes.12

D'autres textes semblent faire penser que le mot étudié possède encore des significations différentes;13 mais dans celui qui nous [p.122] occupe nous devons nous en tenir au sens gardien. Ameneman étai probablement le conservateur des écritures relatives aux richesses introduites dans le trésor royal, te custos rotulorum, comme nous disons aujourd'hui. Je passe à la phrase suivante:

Pl. VI, lig. 1. AR-ENTI AR ENTU NEK SKHAUI PEN EN TAT MNA TAT
                    Il est apporté à toi cette lettre de discours, Communication.

Tel est le préambule de toutes les lettres d'Ameneman dans la collection de Pentaour; il en est de même pour celles d'Amenemap dans le recueil de Panbesa. Le dernier mot hna-tat, composé de hna, cum, et de tat, loqui, litt. colloquium, n'est pas lié à ce qui précède, puisque dans plusieurs cas on trouve cette expression hna tôt employée seule au commencement des lettres. Je citerai notamment pour exemple le duplicata de la lettre même que j'analyse.

A l'exemple de mes devanciers, j'avais d'abord pensé que ar enti était une formule d'entrée en matière comme vu que, considérant que, mais la comparaison d'un grand nombre de textes m'a fait reconnaître que presque partout ces deux mots sont pris en sens affirmatif et signifient littéralement est quod. Dans notre papyrus, l'expression entière est ar enti ar entu, est quod est allatum; mais au papyrus Anastasi III, le second ar est constamment omis: ar enti entu, est quod allatum.

La substance de la missive ne commence qu'après le mot communication. Tout ce qui précède constitue le préambule commun à toutes les lettres du même genre.

Pl. VI, lig. 1. AR ENTI TAT-TU NA EN KHAA-K SKHAUI SHAMA-TU-K EM ARU TA-K HAR-K RAKU EM [p.123] SAN KHAA-K HA-K NETERTAT.
                   Il est dit à moi que tu abandonnes les lettres, tu t'éloignes de l'éloquence, tu donnes la face (aux) travaux de la campagne, tu laisses derrière toi les divines paroles.

La signification de [GLYPHS], khaa, abandonner, est bien établie; il nie semble toutefois que le sens radical de ce mot est quelque chose de plus général et de plus vague, comme par exemple mouvoir ou détourner: de là se détourner d'une chose, l'abandonner.

Au papyrus d'Orbiney, l'acception jeter semble résulter de phrases telles que jeter aux chiens, jeter à la rivière, jeter sur le sol, et enfin dans le plan des mines d'or nous trouvons la phrase: Chemin qui mène (khaa) ou tourne vers la mer.14 Au surplus, le copte yj ou yss, ponere, mittere, relinquere, paraît être le dérivé de khaa, et peut rendre compte de la plupart des acceptions du mot antique.15

A la phrase suivante, le mot khaa revient avec le complément [GLYPHS] ha-k, ton occiput, et l'on pourrait lire, tu tournes ton occiput (tu tournes le dos) aux divines paroles.

Le mot [GLYPHS] shama, se rencontre seulement dans des formules semblables à celle du papyrus Sallier I.16 Je l'ai comparé au copte ¥euuo, alienus, faute d'autre moyen d'investigation; ce mot a pour complément indirect [GLYPHS] abu, groupe déterminé par l'hiéroglyphe de l'homme s'étirant les membres17 et par celui de la parole. Il s'agit évidemment de quelque acte habituel des scribes; d'après l'énergie des déterminatifs, je suis tenté d'y voir la prédication, la récitation, la pratique de l'éloquence. Dans notre passage, le scribe est accusé d'en détacher son esprit; ailleurs un autre scribe est engagé à y donner son atten- [p.124] tion.18 Le copte nous fournit jojw, narratio, et avec le t causatif t-jojw--, recitare.19

Pour la valeur phonétique de [GLYPHS] qui représente une prairie ou un jardin, les égyptologues ne sont pas d'accord. Je l'ai rencontré comme variante de [GLYPHS], sen, dans un titre du dieu Num, seigneur de Seni.20 La syllabe san ou sen est probablement le son de cet hiéroglyphe.

[GLYPHS], neter-tat, dans l'inscription de Rosette, désigne l'écriture hiéroglyphique; le groupe signifie à la lettre paroles divines, et l'on peut le comparer à notre expression saintes Écritures et même au terme général théologie; l'étude de la science sacrée constituait en effet l'attribution la plus élevée du scribe.

Dans un autre papyrus21 les phrases que nous venons de traduire forment aussi le commencement d'une lettre dont la fin est détruite. Il en reste assez toutefois pour montrer qu'il s'agissait d'une autre exhortation sur le même texte.

Pl. VI, lig. 2. AST BU SKHA NEK PA KANAU HANUTI KHEFT S-MERU SHEMU AU TITI TA HEF-OU MA EX NA UTI AU AMD PA TEBU NA KETKHU.
                    Vois! n'as tu pas considéré la condition du cultivateur: avant de ramasser la moisson, emporte le ver partie dit, blé mangent les bêtes le reste.

[GLYPHS], skha, peindre, dessiner, décrire, figurer. La phrase est interrogative: N'as-tu pas dépeint à toi-même? ne t'es-tu pas figuré?

[p.125]

De [GLYPHS], kenau, je ne connais aucun autre exemple, mais le duplicata du papyrus Anastasi V nous offre ici le groupe très-connu a [GLYPHS], kaa, qui signifie portrait, image, ressemblance.

Pour [GLYPHS], hanuti, le sens culture, cultivateur, résulte évidemment du contexte, et la branche de fleurs employée comme signe initial avec la valeur han22 est peut-être une allusion aux produits de la culture. On trouve [GLYPHS], han, avec la valeur champ ou domaine.23 L'oiseau noir à crête dressée n'est pas phonétique; il entre dans la composition d'un grand nombre de groupes et notamment dans plusieurs termes d'agriculture, mais il est impossible d'en déterminer le rôle.

Kheft, avant, devant, est suivi de deux déterminatifs: la corne d'Oryx et la face humaine, le premier abusivement employé à cause du rapprochement phonétique du mot kheft, ennemi; le second est le déterminatif de l'idée en face, devant, avant. Dans le texte Anastasi, les deux déterminatifs sont supprimés.

Je regarde comme douteuse la lecture smeru pour le groupe; cependant j'incline à penser que la corde enroulée [GLYPHS] est m et que nous avons ici la racine ur, lier, précédée de s causatif, et le sens littéral faire lier (les gerbes), c'est-à-dire faire la moisson.24

[GLYPHS], hf-ou, correspond à 5of, 5ob serpent, et à 5jf, jf, mouche; 5jboji, vipère, et 5jbojei, frelon, dérivent aussi du même radical et ressemblent à des formes plu- [p.126] reilles.25 Il s'agit dans le passage étudié de quelque espèce de ver ou d'insecte nuisible à l'agriculture.

[GLYPHS], ma, a toujours été traduit par cô, à cô, et ce sens est rendu évident par des formules telles que au côté droit, au côté gauche.26 Les exigences du contexte m'ont porté à y reconnaître la valeur part, portion, que cependant je n'ai pas encore constatée dans d'autres passages.27

Le copte tebiih paraît nous avoir conservé l'égyptien [GLYPHS], tebu, bétail. Un trouve cependant ce groupe avec le déterminatif de l'hippopotame, et il est possible que cet animal fut ainsi nommé par éminence, comme en hébreu behemoth, l'hippopotame, de BEHEMAH, pecus.

Il n'est pas impossible toutefois qu'il ne s'agisse ici de l'hippopotame lui-même. On sait que cet amphibie causait de grands ravages dans les cultures sur les bords du Nil. Bien qu'on n'en rencontre plus que bien avant dans le Sud, il est certain qu'on en a vu pénétrer jusqu'à la Basse-Egypte.28

Dans [GLYPHS], ketkhu, la première syllabe est le copte ke, alias, et le mot correspond à keysoji, alii. Le sens autres, le reste, est certain. Au papyrus Lee,29 ce mot est antithétique à ta ua, l'un, et à [GLYPHS], nehau, quelques, un peu. Dans le conte des deux frères, il est dit que l'épouse coupable a raconté à son mari les faits em ketkhu, autrement, d'une manière différente.

Pl. VI, lig. 3. AU NA PENNU ASHU EM TA SAN AU PA [p.127] SANHEMU HAÏ AU N'A AAUI AMU NA TUTU ATAI.
                    Les rats nombreux dans le champ la sauterelle descend les bêtes à cornes mangent les moineaux volent.

Le mot [GLYPHS] sanhemu, sauterelles, n'avait pas encore été signalé. Ou le trouve dans le grand ouvrage de Champollion, avec le déterminatif de l'insecte lui-même;30 littéralement, ce nom signifie le fils du pillage.31 On le retrouve un peu mutilé en copte. Dans l'un des sermons de Shenoute, l'écrivain parle d'un petit animal nommé sjiiii5 qu'il décrit comme une chose ailée qui saute, et Zoëga nous apprend que le scribe a dessiné en marge quelque chose de semblable à une sauterelle. C'est évidemment l'égyptien saneham, privé de son m final. Il est singulier que les lexicographes aient omis d'en donner la signification.32

Au Rituel et dans le livre nommé Shaï en sin-sin, est mentionnée la ville de Sanhemu, dont le nom est dans certaines variantes déterminé par trois sauterelles.33 Peut-être l'hébreu םעלס, sâlham,  qui nomme une espèce de sauterelle, a-t-il été emprunté à l'égyptien; ל et ג s'échangent quelquefois.34

[GLYPHS], aaui, bêtes à cornes, gros bétail. Il en est question dans l'une des lettres de notre papyrus: «Les bêtes à cornes (aaui) de mon seigneur qui sont aux champs sont en bon état, ses taureaux qui sont aux étables sont en bon état.»35 Ici aaui forme parallélisme avec ka, taureau. Le sens bétail est également démontré par le papyrus d'Orbiney.

[GLYPHS], tutu, est le copte tat, passer. Le texte [p.128] Anastasi a la forme [GLYPHS], tut, variante qui fournit une nouvelle preuve de la valeur t pour le petit oiseau voletant.

Pl. VI, lig. 4. UKANU ER PA HANUTI TA SEPI ENTI PA NEKHT-TA TAN SU NA ATAUI PA AAKASU EN MEN AKU PA HETAR MER HA HA SKAU.
                    Néglige le cultivateur le reste qui (est dans) le champ, foulent lui les voleurs; la pioche de fer s'use, le cheval meurt à tirer la charrue.

Aux différents passages36 où je rencontre le mot [GLYPHS], ukanu, le sens paresse, négligence, paraît convenir. Les scribes sont invités à s'en abstenir; ce serait la racine du copte qehe, piger, remissus. Ce sens, dans tous les cas, convient parfaitement à notre texte.

[GLYPHS], nakht-ta a pour variante [GLYPHS]. D'après l'analyse des passages où il se trouve,37 et qu'il serait trop long de discuter ici, je conclus que ce mot désigne une terre sur laquelle le blé a été moissonné. Comparez ¥et, secare, et ¥hts, ager.

Vient ensuite [GLYPHS] qu'on trouve soit la forme pleine [GLYPHS].38 La lecture tan est tout à fait hypothétique, le signe [GLYPH] étant de rare occurrence.39 Si cette lecture était bonne, le copte tehho, conterere, fournirait un sens satisfaisant pour notre phrase. Je l'adopterai provisoirement.

[GLYPHS], aakasu, qui est ici déterminé parle signe [p.129] des animaux ou des substances animales, se rencontre ailleurs40 avec le paquet noué, déterminatif des noms d'étoffes. Cependant la suite du texte indique que cet objet est d'une espèce de métal, le bronze ou le fer. Le texte Anastasi y substitue le mot paakau, déterminé par l'hiéroglyphe de ce même métal, une lame dressée. Le copte jkes ascia, cuspis ferrea, signifiant aussi cinctura feminalia, nous offre une excellente explication du mot égyptien qui possédait sans doute les mêmes emplois. C'est du moins ce qui semble résulter de l'usage des divers déterminatifs que nous venons de citer et que les scribes de nos papyrus ont confondus. Laissant de côté l'acception qui fait de ce mot une annexe de l'habillement, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître, dans l'akasu de métal, cet instrument utile qui porte le même nom dans presque toutes les langues: gr. άξίνη, lat. ascia, allem. axt, fr. hache, angl. axe.

Quant au nom du métal lui-même, je l'ai trouvé en remplacement du mot men ou menkh.41 Il se prononçait probablement ainsi, et nous en retrouvons peut-être la trace dans le copte behihe ferrum.

[GLYPHS], aku, se rencontre assez souvent dans les textes avec la valeur s'user, s'affaiblir, péricliter, périr; il est conservé dans le copte tbko, corrumpere, interficere, périre. Dans notre phrase le sens s'user, se détruire, convient bien.

[GLYPHS], hu, possède des acceptions variées. Radicalement, il exprime une action d'impulsion comme les mots coptes 5i, 5ioj et 5ioji, dans lesquels on trouve les sens jacere, imponere, strepere, percutere, expandere, cœdere, acuere et beaucoup d'autres. Dans l'égyptien hu je découvre, entre autres valeurs, celles de conduire le bétail, moissonner, battre le blé, croître (comme le Nil), etc. Ici ce mot précède le groupe bien connu qui désigne la charrue, et il est presque impossible de le rendre autrement que par tirer, traîner.

Pl. VI, lig. 1. PA SKHAI MENAU (ha) MERI AU-F [p.130] SMERU SHEMU AU N'A ARI-SRA KER SHARUT NA NAHSI KER RAM AU-SEN AMMA-TU UTI M EN OUN HU-SEN EM PURSHU.
                      Le scribe du port (est) au débarcadère, il recueille le tribut; les officiers (sont) avec des bâtons, les nègres avec des branches de palmier, ils (crient) soit donné du grain, non est repousser eux au dehors.

[GLYPHS], menau, est le copte uoiih, portus. Les détermina tifs conviennent bien au sens de havre pour recevoir des vaisseaux; du reste, ce mot n'est pas rare dans les textes.

[GLYPHS], meri, désigne aussi un endroit rapproché de l'eau.

Dans le conte des deux frères, il est dit que le chef des laveurs va au meri et que c'est là qu'il trouve la boucle parfumée apportée par les eaux du fleuve. Je rapproche ce mot du copte wrw, navale portus. Là préposition ha, qui manque avant meri, est exprimée dans le texte Anastasi.

C'est à M. Brugsch qu'est due l'identification de [GLYPHS] avec ¥wu.42 Ce mot signifie à la fois moisson et tribut. Je n'hésite pas à traduire ici smeru shmu, recueillir le tribut, bien que dans les phrases précédentes j'aie rendu la même expression par: recueillir la moisson. On sait qu'un impôt en nature était établi sur l'agriculture; la fonction du scribe du port consistait sans doute à percevoir cet impôt, au temps de la moisson, sur les cultivateurs riverains du Nil. A la rigueur, pour satisfaire aux objections des philologues difficiles,43 on pourrait lire sans forcer le sens de l'égyptien: Le scribe du port est au lieu de débarquement, et lui (le fermier) il est à recueillir la moisson. L'intention serait la même; il s'agirait toujours de rappeler le lourd impôt qui va être exigé du malheureux cultivateur.

[p.131]

Armés de sharut, copte ¥bwt fustis, bâton, les [GLYPHS], ari-sra, sont sans doute des agents chargés d'assister le collecteur des impôts dans son office et d'administrer la bastonnade aux récalcitrants. Je ne veux pas discuter à fond le groupe ari, dont la signification radicale est voisin, compagnon, copte jrhoj vicinus, erhj socius (dans heherhj). Dans certains cas c'est une simple préposition avec, sur, gr. έπί πρός.

Ari-sba est composé d'Ari et du signe [GLYPH] qui représente une porte et se lit probablement sra.44 Nous pourrions traduire portier, gardien de porte, mais le passage qui nous occupe montre que la fonction de l'ari-sba ne consistait pas uniquement à veiller à la porte de quelque édifice.

Que peuvent être les nègres portant des branches de palmier ou des dattes? (Copte bji rami palmarum; beiiie dactylus). Probablement des nègres errants cherchant du travail au temps de la moisson et commettant. Sur leur passage des déprédations au préjudice des cultivateurs. Les papyrus mentionnent le travail du nègre; il n'est pas douteux que des tribus nègres descendissent la vallée du Nil pour y gagner quelques salaires.

Le dernier membre de phrase est obscur. Rien n'est plus fréquent que l'expression amma, amma-tu, dans le sens impératif: donnez, faites que, utinam, mais dans notre texte la tournure impérative ne serait possible que si l'on admettait l'oubli du verbe tat, dire; dans cette hypothèse le sens serait manifeste: ils disent: donnez du blé. Il y a lieu de remarquer toutefois que le duplicata Anastasi n'exprime pas non plus le verbe tat.45

[p.132]

De [GLYPHS] em purshu, je ne connais une exemple. En copte nwr¥ signifie extendere, expandere. On peut dès lors comparer em purshu à ubol extra, foras, littéralement in solvendo. L'ancien égyptien est bien plus riche que le copte en formes adverbiales de ce genre.

Pl. VI, lig. 6. AU-F SANHU KHAA ER TA SHAT HU-SEN EM TABUKATAKAI AU TAI-F HEM-T SANHU-TU EM-TA-EF NAI-F KHARTU MAKHAU.
                    II est lié envoyé au canal ils poussent (lui) avec violence sa femme est liée devant lui ses enfants dépouillés.

[GLYPHS] sanhu, est le copte swii5 ligare, coercere. Cette identification n'a pas besoin de nouvelles preuves.

Je conjecture que le cultivateur est forcé de travailler à la réparation d'un canal ou d'un puits [GLYPHS] shet (copt. ¥jts, canalis, ¥jte puteus). Dans un autre papyrus on menace un scribe de l'envoyer au travail du [GLYPHS] sheth.46 Il s'agit probablement dans l'un et l'autre cas d'un travail dé corvée. Toutefois je dois avouer que lésons n'est pas certain et que d'après mes premières explications du mot khaa, on pourrait à la rigueur lire que le cultivateur est jeté au shet, c'est-à-dire au canal. La variante du papyrus Anastasi: [GLYPHS] tahu-tu-f, semble indiquer qu'il est immergé, plongé dans l'eau.

L'un et l'autre texte ajoutent que cette action est faite em tabukatakai, mot auquel le papyrus Anastasi donne pour déterminatifs l'homme renversé la tête en bas, les trois lignes de l'eau et le bras armé; il s'agit certainement d'une action violente. Le copte nous fournit jwwke fustigatio, et jokjek, rixa.

[p.133]

L'épouse est liée, senhu-tu, et les enfants [GLYPHS] makhau; ce groupe est encore un mot nouveau; le déterminatif des étoffes ou des vêtements nous laisse le choix entre l'idée lier et l'idée dépouiller, qui conviendraient l'une et l'autre à notre contexte.

On voit que les violences auxquelles le cultivateur est exposé soit à raison de son impuissance à acquitter l'impôt, soit à la suite des incursions des nègres, s'étendent à sa femme et à ses enfants; l'expression exacte de ces violences nous échappe peut-être, mais l'incertitude cessera dès qu'on aura rencontré des exemples suffisamment nombreux des mots que nous lisons ici pour la première fois.

Pl. VI, lig. 8. NAÏ-F SAHU-TA EH VA-SEN UAR NENNUI NAI-SEN UTI.
                    Ses voisins sont partis au loin s'occupant de leur blé.

Dans [GLYPHS], sahu-ta, je trouve sej5 conjungere, et to terra; de là conterranei, contermini. Il est dit du teinturier ou du blanchisseur qu'il est voisin (sahu-ta) du crocodile.47

Le sens est que les voisins du cultivateur sont occupés au dehors à leur propre moisson et ne peuvent lui venir en aide.

Pl. VI, lig. 8. APU EM SKAI MENTEF KHERPU BAKU EN BA NEB [MEN] HESBU-NEF BEKU EM SKHAIU MEN UN TA-F SHAI AKH REKH-K SU.
                    Le travail du scribe il excelle les travaux de toute espèce il n'estime pas travail les lettres non est à lui taxe. Sache cela.

[GLYPHS] apu, est un mot important et d'emploi très-fréquent. Au papyrus d'Orbiney, il correspond exactement au copte 5jii ji 5jii in judicio contendere. On le trouve au papyrus Abbott avec la valeur excepté, dont l'orthographe ordinaire est plutôt [p.134] [GLYPHS],48 [GLYPHS].49 Avec le déterminatif de la marche, il signifie messager, envoyé, ambassadeur, copte reuii5wb, nuncius. Enfin, dans la phrase qui nous occupe on peut l'assimiler au copte 5wb, res, negotium, ou eiep, ieb, ieope, ars, opus, expressions qui sont radicalement identiques. Ce sens travail, occupation, convient du reste à une multitude de passages des papyrus Sallier et Anastasi. Par exemple: J'ai exécuté tous les travaux (apu) qui m'avaient été imposés;50 j'ai accompli mon travail (taia em apu);51 taia apu hu ma hapi, mon travail s'accroît comme le Nil.52 D'après ces deux derniers passages on voit que apu, sous cette acception, est du genre féminin.53

[GLYPHS] kherpu, s'est conservé dans le copte 5orp, primus. prœcenire. Ce sens convient bien au passage analysé et s'applique aussi très-naturellement h une phrase de la stèle de la princesse de Bakhten: Les chefs apportèrent toutes sortes de dois de la terre divine sur leur dos, [GLYPHS] ua-neb her kherp...... ew, chacun primant, surpassant l'autre.54 Une expression analogue est encore en usage aujourd'hui.

Au lieu du mot hesbu, le papyrus Anastasi a men hetera. M. Chabas, qui m'a suggéré plusieurs observations utiles à propos de [p.135] ce passage, pense que les deux mots hesbu et hetera sont fondamentalement identiques. Suivant lui, la négation sien a été omise par le scribe du texte Sallier, à moins que la phrase ne soit interrogative. M. Chabas traduirait en conséquence: Il n'y a pas de taxe sur le travail des lettres. [GLYPHS] hesbu, admet en effet le sens compte, rôle de taxes et [GLYPHS] heterau celui de tribut, prélèvement, impôt. Toutefois j'ai remarqué que le travail du scribe est distingué soigneusement des travaux manuels, et il m'a semblé que la phrase analysée fait allusion à cette distinction dont les scribes devaient se montrer jaloux. En définitive, je demeure un peu incertain du véritable sens du passage.

[GLYPHS] shaiu, est un mot rare. Je le rencontre seulement dans un passage où il est question de recevoir cinquante ou cent mesures de métal er shaï en smat.55 Supposant un parallélisme dans les deux dernières phrases de notre papyrus, M. Chabas admet le sens redevance, impôt. Cette acception nous fournit une répétition de l'idée déjà exprimée: il n'y a pas à lui imposer de redevances (au travail du scribe), et dans la phrase relative à la livraison du métal, elle permettrait de traduire: pour la redevance des smat, c'est-à-dire des serfs attachés aux travaux du temple.

[GLYPHS], akh, copte multus, quantus. Lorsque ce mot commence la phrase et qu'il est suivi d'un verbe, la phrase a souvent un sens impératif. Seul il est interrogatif qui? quoi? Des passages très clairs du papyrus d'Orbiney le démontrent suffisamment. [GLYPHS],56 akh tera, signifie quid nunc? [GLYPHS], er akh, quantus! ad quantum. [GLYPHS],57 ia akh, soit ou pourquoi. Rassemblant les fragments que je viens de discuter et modifiant [p.136] légèrement les tournures égyptiennes pour les approprier aux exigences du goût moderne, je reproduis maintenant la lettre d'Ameneman en son entier:

«Le chef gardien des archives Ameneman, du trésor du roi, dit au scribe Pentaour: On t'apporte cette lettre de discours (pour te faire) une communication.

«On m'a dit que tu as abandonné les lettres, que tu es devenu étranger à la pratique de l'élocution. que tu donnes ton attention aux. travaux des champs, que lu tournes le dos aux divines écritures. Considère! ne t'es-tu pas représenté la condition du cultivateur. Avant qu'il ne moissonne, les insectes emportent une portion du blé, les animaux mangent ce qui reste; des multitudes de rats sont dans les champs, les sauterelles tombent, les bestiaux consomment, les moineaux volent. Si le cultivateur néglige ce qui reste dans les champs, les voleurs le ravagent; son outil qui est de fer s'use; son cheval meurt en tirant la charrue. Le scribe du port arrive à la station, il perçoit l'impôt; il y a des agents ayant des bâtons, des nègres portant des branches de palmier; ils disent: Donne-nous du blé! et l'on ne peut les repousser. Il est lié, et envoyé au canal; ils le poussent avec violence; sa femme est liée en sa présence, ses enfants sont dépouillés. Quant à ses voisins, ils sont loin et s'occupent de leur propre moisson. L'occupation du scribe prime toute autre espèce de travail; il ne regarde pas les lettres comme un travail; il n'y a pas de taxe sur lui. Sache celai.»

Cette lettre nous apprend qu'au temps de la dix-neuvième dynastie les scribes ne formaient pas une classe distincte dont les offices se transmissent de père en fils. Des individus appartenant aux classes inférieures avaient la faculté de choisir la carrière des lettres et alors, comme aujourd'hui, une instruction étendue servait d'acheminement aux emplois de confiance et même aux dignités de l'État. Le titre de skhai, scribe, correspond exactement à l'anglais clerk et au français commis. Il suppose la connaissance indispensable de l'écriture, mais il pouvait arriver que la fonction spéciale de certains scribes n'exigeât pas un travail d'écriture. Les scribes égyptiens étaient en effet attachés à des offices très-variés, et bien que l'étude de la langue sacrée soit constamment mentionnée comme l'une de leurs attributions, nous les voyons employés dans des postes civils et militaires qui n'ont rien de commun avec la science théologique. Le copte a conservé le nom du sj4 ii ieeb, scribe maritime. probablement un pilote ou un capitaine de vaisseau.

[p.137]

Je considère comme une circonstance digne de remarque la mention de l'emploi du cheval aux travaux de l'agriculture.58 Aucune autre nation de l'antiquité n'a, je crois, utilisé cet animal à la charrue. En Egypte, les chevaux étaient à cette époque très-abondants, et c'est de ce pays que Salomon les importait en Judée. La Genèse mentionne les chevaux au nombre des animaux que les Égyptiens amenèrent à Joseph pour les échanger contre du grain.59

Un grand nombre d'ouvriers étrangers venaient se mettre au service des Égyptiens, notamment des Nahsi ou nègres. Peut-être trouvons-nous un indice de leur emploi au service domestique dans le copte iie5s ii hi de la version sahidique (Gen., ch. xiv, v. 14), correspondant au grec οίχογενείς, littéralement les nègres de la maison.60

C. W. Goodwin.
Traduit par F. Chabas.


NOTES

1 Voir le premier article, Rev. archéol., nouvelle série, 1re année, p. 223.

2 M. Goodwin transcrit par kh l'aspiration forte que les égyptologues français représentent par h' ou ch. (Note du traducteur.)

3 Le roi est ici indiqué par le long titre: la double grande maison, la vie saine et forte. M. Goodwin supprime cette bizarre phraséologie, comme je l'ai fait dans mon Mém. sur l'inscr. d'Ibsamboul. Rev. arch., 1859, p. 578. (Note du traducteur.)

4 Sharpe, Eg. inscr. Séries I, pl. 79, 8 et pl. 80, 6.

5 Lepsius, Koenigsb. Taf. IV, 26.

6 Pap. Anast. IV, pl. 9, 1. 10.—Le duplicata qui se trouve pap. Anast. III, pl. V, fig. 11, substitue au mot sau le groupe [GLYPHS], khabu, qui signifie courber.

7 Pap. Sallier III, pl. 8, 4 et pl. 9, 9.

8 Todtb., ch. xvii, 45; ch. xviii, 8, etc.

9 Pap. Sallier IV, pl. ii, 6.

10 Todtb., ch. cxliv, 32.

11 Denkm., III, 146, 30.

12 Pap. Anast. I, pl. 25, 4.

13 Cette multiplicité d'acceptions pour un môme mot n'est nullement particulière à la langue égyptienne; il en est de même pour beaucoup de mots dans toutes les langues anciennes et modernes. Le mot sau, discuté par M. Goodwin, se rencontre sous un assez grand nombre de formes orthographiques et avec différents déterminatifs, notamment le signe du pasteur ou berger (qui lui sert souvent d'initiale), le papyrus roulé, le bras armé, le couteau, l'homme invoquant. Le caprice des scribes a confondu ces formes diverses, qui correspondaient dans l'origine à des acceptions spéciales. Il faut remarquer toutefois que le sens éviter, se garder de, défendre, empêcher, est connexe de l'idée garder, conserver, réserver. (Note du traducteur.)

14 Lepsius, Ausw. Taf. XXII.

15 Il n'y a que des nuances entre les diverses acceptions du mot khaa, dont le véritable sens fondamental est laisser, abandonner, rejeter; on dit très-bien laisser aux chiens, abandonner à l'eau, laisser par terre, et d'un chemin qu'il quitte, qu'il cesse au point où il mène. (Note du traducteur.)

16 Anast. V, 6, 1; 15, 6; Anast. IV, 11, 8.

17 A sprawling human figure.

18 Litt. son cœur; Anast. V, 6, 2.

19 Dans son premier travail M. Goodwin avait rendu ce passage: tu t'adonnes aux plaisirs. Ce sens pourrait convenir au groupe abc, dont les déterminatifs sont celui de la danse ou des exercices du corps et celui des passions et de la parole. [GLYPHS] ab, vouloir, désirer, aimer, est du reste très-connu, shaua est tout à fait incertain. (Note du traducteur.)

20 Lepsius, Koenigsb. IV, 26.

21 Anast. V, 6, 1.

22 Bunsen's, Egypt. phonetics, H, 12.

23 Anast. VI, 12, 4.

24 Des variantes nombreuses montrent que l'enroulement a la valeur syllabique rer, dans le mot [GLYPHS], entourer, circuler; mais le signe hiératique que M. Goodwin transcrit sous cette forme peut correspondre à un autre signe hiéroglyphique, par exemple à [GLYPH] qui a souvent n pour complément. (Note du traducteur.)

25 Zoëga, Cat. Note 52.

26 Todtb., 145, 3; 153, 9.

27 L'idée part est à la fois connexe aux idées partie et côté. Cette nuance devait exister également en égyptien, ma sert aussi de particule séparative, de, ex, from, et l'on pourrait lire: le ver prend sur le blé. (Note du traducteur.)

28 Abdallatif, Hist. Egypt., cap. 2.

29 Sharpe, 2d séries, p. 87, 5.

30 Champollion, Mon., pl. XIII.

31 Bunsen ne donne que la dernière syllabe hm. Ideog., N° 353.

32 Peyron, qui se réfère au passage cité par Zoëga, donne olearius comme valeur de sjhhe5.

33 Ce renseignement est dû à M. Edwin Smith, qui a recueilli un grand nombre de variantes du Rituel.

34 Gesenius, Lex., a ל.

35 Sallier I, pl. 4. 7.

36 Sallier I, pl. 5, 6; Anast. V, pl. 23, 5.

37 Sallier 1, pl. 4, 12; ibid., pl. 17 et 19, revers.

38 Sallier II, pl. 7, 2; ibid., pl. 5, 1; Anast. VI, pl. 2, 11. Ces différents passages jettent peu de jour sur le sens du mot.

39 Bunsen, Ideog., N° 614, donne la valeur tata-nn.

40 Sallier II, pl. 6, 2; pl. 5,8.

41 Sallier I, pl. 4, 0.

42 Brugsch, Nouvelles recherches, etc. Berlin, 1856.

43 Sur une scène de moisson dans laquelle deux sortes d'ouvriers travaillent séparément, on lit la double légende: Moisson par les ouvriers du domaine, moisson par les esclaves royaux. Le pharaon faisait ainsi percevoir l'impôt en nature au moment de la coupe du blé. Couper le blé, selon l'expression du texte que je cite (Denkm., II, 107), ou recueillir la moisson, selon celle du papyrus, c'était pour le fisc percevoir l'impôt. La traduction de M. Goodwin est excellente. (Note du traducteur.)

44 Pap. hiérat. Leide l, 348, revers, pl. 2, dernière ligne, on trouve la forme [GLYPHS] qui montre que la lettre initiale est s.

45 Il me paraît certain que la phrase est elliptique; la suppression du verbe tat, dire, est d'occurrence assez fréquente (Voir Inscr. d'Ibsamboul, Revue arch., 1859, p. 722). L'exemple le plus caractéristique se trouve dans l'Inscription de Kouban (Prisse, Mon., pl. XXI, lig. 3 et 4), où cette suppression est réitérée trois fois: Les dieux sont à (dire) notre germe est en lui; les déesses à (dire): il est sorti de nous pour exercer la royauté du soleil; Ammon à (dire): moi, je l'ai fait pour installer la justice à sa place. (Note du traducteur.)

46 Anast. V, p. 22, lig. 5.

47 Sallier II, p. 8, lig. 3.

48 Lepsius, Ausw., IX, stèle, 1. 13.

49 Ibid., XVI, 1. 8.

50 Anastasi VI, p. 1, 1. 8.

51 Anast. IV, p. 4,1. 8.

52 Anast. IV, p. h, I. 10.

53 V. de Rougé, Etude sur une stèle egypt., p. 111. L'éminent égyptologue a laissé la question indécise.

54 L'emploi de la préposition m au génitif, quoique ordinaire en copte, se voit assez rarement dans l'ancien égyptien, [GLYPH] signifie presque constamment en date, à, vers, et, de, ex, from. La phrase est embarrassante. Au pap. Sallier II, pl. 9, 1, ou lit très-clairement: Il n'y a jus de professions qui ne soient primées, ap sh'ac, excepté le scribe, car lui il prime. Après le tableau des misères du laboureur, l'expression ap sh'au, etc., signifierait selon moi: Autre chose est le scribe, car lui, il prime toute autre profession. (Note du traducteur.)

55 Anast. III, p. 6, 1. ult.

56 Sallier III, p. 2; 1. 5.

57 Anast. IV, p. 9, 1. 4; Sallier l, pl. 4. 1. 1.

58 Le papyrus d'Orbiney parle aussi du cheval employé à la charrue.

59 Genèse, ch. xlvii, v. 17.

60 Il est permis de douter de l'authenticité de ce mot. (V. Taltam, Lex, s. v.). La version memphitique a ues 4ei hi, né dans la maison.