ETUDE SUR ABYDOS

Par E. Lefebure.

[Extracted from Proceedings of Society of Biblical Archaeology, vol. 15, (1893), pp. 135-51, 433-55.]


Il n'y a pas ici une monographie historique, religieuse ou géographique d'Abydos, loin de la: c'est seulement, sur le rôle principal de cette ville, une courte série de recherches menant a une conclusion qui se dégagera d'une manière plus ou moins nette.

Le pilote de la barque osirienne.

I.

M. Max Muller a signale aux chapitres 76 et 104 du Todtenbuch thebain, a la place du groupe plus récent [glyphs],1 le mot abait, abat, abit [glyphs], détermine par un oiseau, ou bebait, bait, [glyphs] détermine par un insecte.2

M. Le Page Renouf3 pense que le même nom d'oiseau-abait, donne par extension a une partie du gouvernail de la barque osirienne,4 s'appliquait a un personnage mythique, [glyphs]5 ou [glyphs]6 the bird-fly, représente aux pyramides royales dans une barque, sous une forme d'oiseau, ou symboliste par la barque seule.7 Quant a l'insecte bait qui figure au Todtenbuch, ce ne serait pas une guêpe, car le scribe qui l'a dessine savait parfaitement faire une guêpe, mais a very queer insect.

[p.136]

Quelques remarques nouvelles, en permettant d'identifier le bait, montreront que ces vues sont justes.

Le mot abait a pour déterminatif un petit oiseau a aigrette, [glyph]8 (cf. le Copte bdi upupa), peut-être l'alouette huppée, si ce n'est pas simplement le jeune épervier, tandis que sa variante bait est déterminée par un insecte dont les pattes antérieures dépassent la tète: cette attitude est rendue d'une manière contradictoire, et par conséquent douteuse, au tome premier et au tome second du Todtenbuch de M. Naville, mais en recourant au texte même, le papyrus de Nebseni ou papyrus Burton, qui est au British Museum, toute incertitude disparait. Voici, d'âpres une obligeante communication de M. Wallis Budge, la véritable forme donnée au bait par le scribe: [glyph] chapitre 76, et [glyph], chapitre 104.9

Cette esquisse ne rappelle a l'esprit que le mantis, célèbre dans les légendes africaines.10 L'oiseau abait a donc pour variante un insecte de nom analogue, qui est le mantis: or cet insecte se retrouvant, comme l'aviron-oiseau abait, dans la barque d'Abydos, et, au rituel de l'Ap-ro, se combinant avec la guêpe comme ailleurs l'oiseau, il y a la une double raison pour que l'oiseau guêpe ou bird-fly soit l'abait.

En premier lieu, une stèle de la 18e dynastie publiée par S. Sharpe11 et étudiée par M. Wallis Budge,12 mentionne la navigation des âmes qui s'en allaient chaque année a la Fente d'Abydos, analogue ou identique a la porte de l'enfer ou Ro-sta, dans la barque osirienne, (comme les âmes qui passaient de Gaule en Angleterre, d'âpres une tradition déjà recueillie par Procope):13

[glyphs]; tu navigues insecte-Ba d'Abydos, dit le texte a l'élu, large est pour lui la place dans la barque, et il suit le dieu a U-Puka, lors de la fête d'Uaka [p.137] les 17 et 18 du mois de Thoth).14 Le texte ajoute plus loin que l'élu était appelé a la table d'offrandes dans l'oasis nommée l'ile de Testes, détail a remarquer.

Ici, le ba est une sauterelle, comme le prouve la copie que M. Wallis Budge a eu la bonté de prendre a nouveau sur le monument, qui est a Londres: [glyph]; mais le mantis, qui tient a la fois de la libellule et de la sauterelle, est encore appelé aujourd'hui dans le langage courant, et même dans différents vocabulaires, une sauterelle; a plus forte raison a-t-il été dénomme de la même manière par les anciens. Dans son commentaire sur le Lycurgue d'Eschyle, Aristarque15 disait du mantis que cette sauterelle, [Greek], porte malheur aux bêtes qu'elle regarde. Récemment, dans son grand article Mythology de l'Encyclopedia Britannica, M. Andrew Lang a écrit que l'Etre suprême de la mythologie boschimane est la sauterelle appelée mantis.16 Dans la première partie de Il Libro del funerali,17 l'Ap-ro, M. Schiaparelli a remplace par une sauterelle le mantis du tombeau de Seti I; et il est visible que la même identification a été faite, comme sur la stèle de Londres, par les Egyptiens, qui divinisaient la sauterelle (et la colombe), suivant Theodoret cite par Champollion dans le manuscrit de son Panthéon.18 Aux pyramides royales, ou l'élu prend la forme de la sauterelle de Ra pour atteindre le ciel, [glyphs],19 il est parle du feu sortant du gosier de la sauterelle, et de l'eau que produit le criquet, [glyphs].20 (Le déterminatif du mot imitatif Keket ressemble beaucoup moins a une courtilière ou a un charançon qu'a une forme de la sauterelle donnée par M. Birch).21

En second lieu, le passage de l'Ap-ro qui vient d'être indique mentionne le mantis avec la guêpe.

[p.138]

Après la purification de la statue funéraire qu'il s'agissait de consacrer par l'ouverture symbolique de la bouche, et avant l'éclairage de cette statue, avait lieu sa présentation au prêtre officiant, le Sem, qui dormait22 dans la tombe d'un sommeil visite par les dieux, et que réveillait l'arrivée des autres prêtres. (Le texte de l'Ap-ro, aux tombes royales, est divise en colonnes au bas desquelles se trouvent, nettement sépares du reste par une barre, des espèces de titres, notes, ou mémentos).

Ligne 40.23 Le Sem couche réveille, et découvre les Amu-Khent.—Les dieux et le couche.
Ligne 41. Le Sem dit: Je vols le père en sa forme complète,24
Ligne 42. Les Amu-Khefit disent devant le Sem:
Ligne 43. Il n'existait plus pour toi, ton père.
Ligne 44. Le Sem dit devant les Amu-Khefit:
Ligne 45. Le Chasseur25 de dieu l'avait pris.—Le Chasseur de dieu.
Ligne 46. Les Amu-Khetit disent devant le Sem:
Ligne 47. Je vols le père en sa forme complète.—Forme de Mantis.
Ligne 48. Quelles choses! Il n'existait plus,—Guêpes.
Ligne 49. Et il n'y a pas de manque en lui.26Ombre.

L. 47 L. 48 L. 49
[glyphs]
 
[glyphs]
 
[glyphs]
 
[glyphs]
 
[glyphs]
 
[glyphs]
(et le corps noir et nu).

 

[p.139]

Pour l'avant-dernière ligne, Ramses III et Tauser ont, au lieu de la legon de Seti I, [glyphs], et Rekhmara [glyphs], etc.,27 pour [glyphs], etc.: quel bonheur! Il existe. Cf.[glyphs],28 variant avec [glyphs], etc.29

II.

Bien que les textes qui parlent de l'abait ne soient pas nombreux, ils permettent cependant de reconstituer a peu prés la physionomie de ce type bizarre.

Le mot qui le désigne est un compose, puisqu'on rencontre l'abait seul dans plusieurs cas et même la guêpe seule dans un passage du Todtenbuch thebain, qui joue en même temps sur le nom de l'abait: ô ce portier de la Bat (maison ou caverne) de la Guêpe, qui est dans l'Amenti (ch. 41). Si le mot est un compose, c'est aussi un collectif, car on le trouve employé indifféremment au singulier comme au pluriel, et peut-être aussi au duel; l'Ap-ro semble le mettre au pluriel en triplant le signe de la guêpe; le sarcophage de Mentuhotep remplace la phrase du sarcophage de Horhotep, le bird-fly est mon guide, [glyphs],30 par celle-ci: [glyphs],31 c'est le bird-fly qui est mes guides; et de même le chapitre de la barque Neshemt, au tombeau de Horhotep, interpelle l'abait de l'aviron tantôt au singulier et tantôt au pluriel: [glyphs] Horhotep [glyphs]32 salut a toi, Abait du gouvernail de la Neshemt d' Osiris, votis connait en vos formes. On pouvait donc dire un bait [glyphs] par exemple, comme on disait un [glyphs], d'ou il suit que le mot s'appliquait a toute une classe d'êtres.

[p.140]

Cette catégorie est celle des mânes, comma l'indiquerait le mot bait (ou abait avec le préfixe archaïque33), ressemblant a [glyphs], anime,34 et comme le montre l'Ap-ro, qui appelle [glyphs] de mantis-guepes-ombre le mort figure par sa statue, [glyphs]. La statue de l'Ap-ro restait pareille a l'ombre jusqu'aux derniers rites de la cérémonie, ceux de l'habillement, car elle était nue comme l'ombre égyptienne, et c'est par anticipation que les premiers tableaux la montrent armée et vêtue; le titre du livre dans Seti I dit formellement: faire l'Ap-ro dans la salle de For a la statue, la première fois: on la place sir du sable dais la salle de l'or, la face an Sud, et elle est nue dans la terre, le Jour oil ses habits sont derrière elle.35

L'ombre n'était que le décalque du corps; aussi voit-on souvent l'hiéroglyphe qui la désigne sur la tète de la momie, indice du rapport étroit de ces deux parties de l'homme; dans les différents exemplaires du Todtenbuch, le mot ombre varie même avec le mot corps,36 et on lit dans un texte cite par M. Birch:37 vos âmes [glyphs], se posait sur vos ombres (c'est-a-dire sur vos corps, cf. [glyphs]38), ce qu'illustrent certaines vignettes des papyrus funéraires.39 Au Livre de l'Enfer, le corps et l'ombre sont en parallélisme: "le dieu est venu a son corps, kha-t; le dieu a été remorque a son ombre, khab-t; tu as rejoint ton corps, t'e-t."40 (C'est le Soleil infernal ayant a la fois la tète du bélier, c'est-a-dire de l'âme, ba, et le nom du cadavre, af.) L'idée qui ressort de ces textes est celle-ci: l'enfer, tombe collective, devant contenir les momies, qu'on savait néanmoins ailleurs, les momies y furent représentées par les ombres. Lucien peuplait de même son Hades de squelettes imaginaires, substituts des vrais corps.

[p.141]

Si l'oiseau abait correspondait a l'âme ba,41 pourquoi la guêpe [glyphs] ne correspondrait-elle pas a l'ombre [glyphs], le phonétique kheb étant très usité pour la guêpe (même dans le titre royal)? La réunion des groupes abait et kheb, toute pareille au compose [Greek], âme et cœur, qu'Horapollon42 donne pour le nom de l'épervier, n'aurait rien que de naturel; en effet, les mots âme et ombre avaient une tendance prononcée a se réunir, ba khebt, comme on le voit au Todtenbuch et ailleurs: [glyphs]43 [glyphs]44 [glyphs]45 [glyphs]46, etc. M. Birch a public un assez grand nombre de figures d'âmes oiseaux ayant l'éventail de l'ombre derrière elles:47 d'autres l'ont, comme la momie, sur la tète.48

On remarquera que le mot ombre pouvait recevoir la marque du pluriel quand il ne s'agissait que d'une seule personne, par exemple [glyphs]49 [glyphs]50 les trois guêpes paraissant former un pluriel dans la rubrique de l'Ap-ro (si la répétition du signe n'est pas la pour la lettre u comme dans [glyphs]51 [glyphs]52 etc.) En tout cas, cette rubrique, faisant de l'ombre une sorte d'intermédiaire entre l'âme et le corps, semble bien devoir se comprendre ainsi, d'âpres les observations qui précédent: forme de mantis et guêpes (on guêpe), ce qui est l'ombre, et les trois groupes n'en seraient pour ainsi dire qu'un, ayant l'ombre humaine pour déterminatif, en hiéroglyphes ordinaires [glyphs] (cf.[glyphs]) ou [p.142] encore [glyphs]; le nom de l'ombre est écrit [glyphs] dans l'Ap-ro de Butehamen.53

Le type bird-fly, fantastique au même titre que le scorpion à deux aiguillons des anciens, serait donc l'ombre, légère et fuyante comme un être aile, mais identique au corps nu par le contour, quelque chose comme le revenant, [Greek], le corps fluide de l'âme, le périsprit des modernes. Aussi, tout en le représentant par un oiseau et par un insecte (la sauterelle et la colombe de Theodoret, sans doute), les Egyptiens ne perdaient-ils pas de vue le corps qu'il figurait, de même que pour les rekhiu, dont le phonétique est détermine comme celui de l'abait par l'oie54 ou par l'oiseau huppe, et dont ils faisaient tantôt des oiseaux et tantôt des hommes.55 Les Grecs ne concevaient pas les choses autrement lorsqu'ils donnaient a l'âme la forme humaine malgré son nom de [Greek] comme dans la [Greek] de l'Odyssée.

La conjecture que le bird-fly de l'âme pourrait être le papillon,56 comme chez les Grecs (et chez plusieurs autres peuples), parait très plausible: c'est a tout le moins quelque chose de ce genre, un oiseau ou un insecte figurant (par comparaison cm calembour) l'âme-ombre, qui figure le corps; le vol de l'âme au dessus du corps est indique par le papillon lui-même dans un texte de basse époque.57

Par contre, en Grèce, l'abeille symbolisait aussi les âmes, que Sophocle comparait a un essaim,58 comme Virgile: ac veluti in pratis, etc.;59 suivant Porphyre, les anciens appelaient abeilles les âmes destinées a renaitre;60 Saon fut guide vers l'antre de Trophonius par un essaim d'abeilles;61 et ce caractère à demi funèbre de l'insecte a du être pour quelque chose dans la croyance, si fortement enracinée chez les Romains, qu'un essaim portait malheur la ou il s'arrêtait.

[p.143]

L'Ap-ro montre l'abait dans son rôle humain: les autres textes le représentent dans son rôle divin, qui n'est d'ailleurs que l'élargissement du premier. Analogue peut-être au [glyphs] ornithocephale des hypogées royaux62 et au [glyphs] des Aelteste Texte,63 l'abait alors n'était plus seulement l'âme et l'ombre, mais le type, le chef, et le guide des mânes.

Aux pyramides royales, entre Tatun qui parfume le pharaon et Ra qui l'appelle, le bird-fly enfante ou façonne, [glyphs],64 le royal défunt. Ce texte montre le dieu en barque sous la forme, ou d'un oiseau becquetant, dans Merenra, 1. 706, ou d'un épervier dans le même, 1. 109, ou d'une oie dans Pepi I, 1. 79, ce qui coïncide assez bien avec l'un des cartouches de Merenra, le [Greek] de Manethon, [glyphs], et [glyphs] qui se lirait Batemsaf, et dont le b serait devenu un comme dans Khemmis pour Kheb et Meroe pour Beroua; l'on aurait encore ici l'abait protecteur et pilote représente par différents oiseaux, ce dont il ne faut pas s'étonner, car les Egyptiens se plaisaient a ces réunions de symboles; ils faisaient dire par exemple à l'élu, au sujet d'un des endroits sacres d'Abydos: je vole en epervierbak, je glousse en oie-smen, et je me pose sur cette Rottte du bassin, [glyphs]65 ou  [glyphs]66 je suis l'oiseau-nenu sur la Route sans fin [glyphs].67

Les autres textes mentionnant le bird-fly présentent le personnage sous un même aspect que les pyramides royales, c'est-a-dire qu'ils font de lui une sorte d'Hermès psychopompe ou de Charon égyptien.

Les deux chapitres du Todtenbuch ou on le rencontre sont ainsi conçus:—

Chapitre 76.—Formule pour prendre toutes les formes qu'on veut. L'entre dans le palais du roi (Osiris);68 l'Abait m'amene. Salut a toi, [p.144] qui voles au ciel pour éclairer les étoiles. Je veille sur la mitre.69 C'est moi. Je prospère a jamais. Dieu grand: livre-moi le passage par ou je pénétrerai.

Chapitre 104.—Formule pour s'asseoir entre les grands dieux. Je m'assieds entre les grands dieux, je passe par l'endroit de la barque-sekti (un des aspects de la nef solaire, a laquelle on identifiait la Neshemt); l'Abait m'amène pour voir les grands dieux qui sont dans le monde souterrain. Je suis un de ceux dont la parole est infaillible en leur présence.—Tu es pur.

Au sarcophage de Horhotep, chapitre d'amener la barque, 1. 468-9, l'élu questionne sur son guide vers l'Elysée répond: mon guide est le bird-fly, ou, d'âpres la variante des Aelteste Texte, le bird-fly, c'est mes guides.70

Enfin, dans la barque même, une partie du gouvernail est appelée l'oiseau abait, et le rôle de pilote des âmes qu'avait l'abait explique bien pourquoi le gouvernail de la nef des âmes a reçu ce nom. C'est par une confusion d'autant plus naturelle entre la rame et le rameur, que les Egyptiens personnifiaient toutes les parties de chaque navire divin,71 dont l'ensemble s'identifiait souvent avec son dieu, comme on l'a vu pour le bird-fly. La Neshemt elle-même était une déesse,72 et avait des prêtres.73 Les rites du voyage réel ou fictif des morts a Abydos, lors des funérailles, pour connaitre les choses d'Abydos,74 comportaient l'adoration des poteaux ou l'on attachait la proue et la poupe des barques.75

Quand donc l'élu est dit naviguer en ba-sauterelle d'Abydos, cette expression peut l'assimiler aussi bien au gouvernail qu'au conducteur de la Neshemt. Il se représente ailleurs comme l'aviron du Soleil, dont on le voit souvent diriger la barque,76 [glyphs], je suis l'aviron du Soleil qui passe [p.145] en barque par lui ses vieillards, je suis la baguette de la Destinée qut fait marcher par elle la barque des aines, etc.77 Au papyrus No. 2 de Berlin, Meruitens compare a Thoth est appelé le gouvernail de la terre entière, d'âpres la traduction de M. Chabas,78 [glyphs] (cf. le mot [glyphs] pilote79). Dans un papyrus magique du British Museum, le nom de bâton ou de rame du lac est donne a Horus, et c'est Horus80 qui manœuvre d'habitude, dans la barque divine, les deux grands avirons de l'arrière, lesquels portent la tète d'épervier d'Horus lui-même a leur extrémité supérieure la ou se trouvait sans doute aussi, dans la Neshemt, la tète de l'abait, dit l'œil, [glyphs]81 cet œil déesse Mert qui accompagnait le mort amenant la nef des âmes;82 la tète du pharaon, dans le vaisseau de l'autre monde qui porte Ramses III,83 termine pareillement les avirons.

La même qualification de bâton ou de rame, formait un des titres de la hiérarchie égyptienne; s'il existait une fonction de [glyphs], porteur de bâton, ou peut-être d'enseigne (cf. [glyphs],84) et de porteur de la rame, [glyphs] samer porteur de la rame? bai du roi bai du roi,85 une autre charge était celle de bâton du roi dans les temples, sous les Ptolémées, [glyphs]86 [glyphs]87 et, sous l'ancien empire [glyphs] ou [glyphs], bâton ou rame du Rekhi, c'est-a-dire du pharaon; le pharaon était l'homme ou le Rekhi suprême, puisque, au [p.146] Ramesseum, Ramses II est [glyphs],88 que, à Philae, [glyphs]! sous Auguste, les rois d'Egypte sont appelés [glyphs],88 et que la reine est assez souvent dite la Rekhit, aux basses époques,90 comme Hathor dans son protocole royal.91

III.

L'oiseau Rekhi pourrait être l'oiseau Abait sous un autre nom: le premier est exactement semblable au deuxième; l'épervier par excellence, Horus, qu'un nom saite parait identifier avec le bird-fly [glyphs]92 est guide des Rekhiu;93 les Rekhiu, ou certains Rekhiu ont pour protecteur ou chef, d'âpres les Pyramides royales,94 un dieu [glyphs] (si tu repousses Batu dont ses deux Rekhiu, ou ses deux groupes de Rekhiu, [glyphs] aiment l'arrivée, ce sera repousser le roi); il y avait dans l'enfer une porte du retour des Rekhiu;95 et l'idée du Rekhi en barque est quelquefois suggérée par les textes ou les tableaux: ainsi la nef menant Ramses III au paradis est décorée de Rekhiu peints sur la voile,96 et une barque sacrée de l'ancien Empire s'appelle [glyphs];97 ces rapports entre l'Abait et le Rekhi ont peut-être leur valeur, mais il faudrait des documents plus précis pour qu'il fut permis de se prononcer.

Il n'est pas plus certain qu'on doive assimiler le dieu abait ou bebait au dieu Baba, Babi, Babou, Bai,98 personnage dont le Todtenbuch fait un chien qui garde le bassin infernal,99 et que divers [p.147] documents disent fils aine d'Osiris,100 ou juge des morts a Heracleopolis, avec Osiris et Shu,101 ou guide des heures,102 ou servant de type a l'une des parties du corps,103 ou ne de la déesse Akhemt, [glyphs]104 ou même, en un sens, analogue a Khem dont son hiéroglyphe semble joindre le fouet a la mitre osirienne, [glyphs].105 Malgré ces affiliations, Baba, maitre des ténèbres,106 monstre que l'on conjurait,107 dévorateur des entrailles des grands,108 auteur de la térébenthine produite par le saignement de son nez,109 etc., était profondément typhonien, comme l'ont compris les Grecs,110 et comme le montre bien un texte du moyen Empire, au sarcophage de Horhotep, chapitre d'amener la barque, 1. 437-440.111

Ce caractère hostile concorde assez mal avec les données que l'on a sur l'abait psychopompe, et, de plus, le nom du Baba, qui ressemble bien a celui de la caverne, baba, n'est jamais détermine par l'oiseau ou l'insecte, deux objections importantes.

On pourrait répondre a la première que le mantis, insecte particulièrement vorace, a un double aspect, malfaisant et bienfaisant, dans les fables africaines, de même que le revenant chez tons les peuples, en sorte qu'il n'y a pas d'impossibilité non plus, théoriquement, a ce que l'abait et l'ombre aient eu un rôle bon et mauvais, en Egypte. Ce seraient alors, dans leur mauvais rôle, le Babys-Typhon triomphant d'Osiris, d'âpres les traditions d'Abydos,112 et la guêpe servant d'hiéroglyphe au mot meurtrier, ou au sang malfaisant du crocodile (le saignement de nez de Baba), d'âpres Horapollon.113

[p.148]

La seconde objection serait aussi contrebalancée, non seulement par le passage des pyramides royales ou Babu, [glyphs], est adjure de se retirer âpres avoir passe le pharaon en barque, [glyphs]114 encore par le chapitre 63 du Todtenbuch (version A de l'édition Naville):

Formule pour boire de Peau et ne pas être brule par le feu.—O taureau de l'Ament, je guide vers tôt. Je suis cet aviron de Ra qui passe en barque par lui les anciens. Que je ne sois pas brule, que je ne sois pas consume. Je suis Baba, le premier fils d'Osiris: la purification de chaque dieu est dans son œil a Heliopolis (cf. Ain Schams). Je suis le premier enfant d' Osiris, Paine, le grand preneur, qui le repose. La prospérité d'Osiris est son nom. Il délivre, et tu vis par lui.115

On voit que le chapitre 63 assimile l'élu a la rame et an Baba, et, si le Baba ne se trouve pas par la même assimile a la rame (comme l'abait), la coïncidence est véritablement étrange. Malheureusement, quelques analogies indirectes ne suffisent pas, en pareille matière, pour amener a confondre deux types d'apparence aussi distincte, qui ont pu n'avoir que des points de contact.

On ne saurait, encore moins, voir l'abait dans le ba ou sacred boat [glyphs], qui parait bien designer une barque de transport,116 ni dans le bat du passage que voici, des pyramides royales:117 Merira est le Vénérable, Merira est le Sistre a deux faces, [glyphs] Pepi est Celui qui délivre, et il se délivre lui-même de tout mal.118 Que le mot bat (dont le déterminatif n'a pas l'édicule qui figure ici entre les deux cornes) ait le sens de maillet [glyphs], et de sceptre, abt,119 car le sistre chassait Typhon,120 ou de fétiche, chose-esprit, l'objet représenta dans ce texte n'en est pas moins la forme archaïque du sistre. On le retrouve a la [p.149] basse époque, a Dendérah,121 et bien antérieurement on le voit, sous l'ancien et le moyen Empires, porte par certains grands.122 Il y avait des chefs, ou [glyph], haq bat,123 de cet emblème,124 comme Hathor elle-même, qui était [glyphs].125 C'est ainsi que, chez les Romains, le bucrane était la marque distinctive des Sodales Augustales.126 Le sistre, crécelle dérivée du bucrane, [glyphs]127 et figurant la tète de la déesse vache avec ses cornes, avait deux faces qui, au dire de Plutarque,128 étaient Isis et Nephthys; de plus, un de ses noms était abt.129

S'il reste douteux que l'abait soit l'oiseau rekhi ou le dieu Baba, et s'il diffère de la barque ba comme du fétiche bat, les croyances que résume son nom paraissent néanmoins avoir laisse quelques traces. Il s'agit en définitive de la conduite des âmes (bau, khebtu), par un oiseau leur pareil vers les Symplegades égyptiennes, ou la Fente d'Abydos,130 de sorte qu'on peut voir la (les Egyptiens aimant assez a joindre les idées de voguer et de voler),131 l'origine de l'émigration fabuleuse des éperviers d'Egypte, et par suite de la fameuse légende du Mont des Oiseaux, Gebel el Tair.

D'âpres cette légende, dont la forme et le lieu ont souvent change, il existe en Egypte une montagne des oiseaux, ou de la grotte,132 qui a une gorge servant "tous les ans, a un jour fixe," de rendez-vous a une foule d'oiseaux. Suivant Quatremere,133 les historiens arabes contaient que ces oiseaux, appelés boukir, étaient attires par un [p.150] talisman, et venaient successivement introduire leur bec dans une fente de la montagne. La fente se refermait sur l'un d'eux, et las autres s'envolaient (vers l'intérieur de l'Afrique).134 L'emplacement tantôt occidental et tantôt oriental de la montagne, variait entre les environs d'Aschmounein, de Siout et d'Akhmin (mais toujours dans le voisinage d'un convent), c'est-a-dire qu'il flottait dans la partie de l'Egypte ou le fleuve est resserre entre les deux montagnes qui le bordent. D'âpres la Description de l'Egypte, les oiseaux sont des ramiers noirs, appelés Segaou el-Hadd, nom qui indiquerait pourtant une petite espèce d'épervier.135

Le départ des éperviers est raconte par Elien:136 au commencement du printemps ils s'en allaient (a peu prés comme les colombes de l'Eryx137), en Libye, sous la conduite de deux des leurs, dans des lies ou ils faisaient leurs nids et d'ou ils ramenaient leurs petits. Le même auteur parle aussi de deux corbeaux consacres dans la montagne a l'Apollon de Coptos,138 lequel était Horus-Khem, [glyphs]139 qui, sous le nom d'Horus de Shent, ou de Coptos, participait aux fêtes d'Abydos.140 Les deux corbeaux sont probablement une variante des deux éperviers141 du sud et du nord142 figurant le nome Coptite, dont le dieu Khem présidait a une des fêtes funéraires, la sortie de Khem, possédait une Neshemt comme Osiris,143 était souvent mentionne a Abydos, était adore aux gorges conduisant comme Abydos hors de l'Egypte, était le maitre des Mat'aiu,144 et avait son nid dans l'oasis dite l'ile de Testes,145 ou s'en allaient les mânes, comme nous l'apprend la stèle de Londres.146 Si ces éperviers et ces corbeaux correspondaient aux deux [glyph] et aux deux [glyph], emblèmes de l'âme,147 [p.151] qui représentent l'abait aux pyramides royales (cf. comme couples de conducteurs les deux chacals Ap-uatu, et les deux loups qui menèrent Rampsinit aux enfers), on s'expliquerait pourquoi la fable du Mont des Oiseaux a hante les parages d'Akhmin, une des villes de Khem, qui aurait hérite avec Coptos des traditions d'Abydos déchue,148 en les adaptant aux siennes. Aujourd'hui, la légende est fixée prés de Minieh, et l'antique région ou porte de la Fente, U-pek, dont le site se trouvait assez éloigne du Nil, est tombée dans le même oubli qu'Abydos.

Par une fortune analogue, le Mantis a cède aussi la place a l'oiseau dans les croyances locales, mais son caractère de guide reste fort explicable. Il existe des oiseaux qu'on appelle indicateurs, et le mantis a une faculté du même genre que la leur, du moins en apparence: en effet, une des particularités de cet insecte, objet de superstitions chez presque tous les peuples, est qu'il étend souvent ses pattes antérieures a droite ou a gauche comme s'il désignait une direction, et de la vient qu'on a cru, en Provence comme en Angleterre,149 par exemple, qu'il enseignait le chemin aux passants.

En somme, il y avait a apprécier le raisonnement suivant: l'abait-oiseau est parfois un gouvernail de barque, donc l'oiseau-guêpe en barque est l'abait, et cette conjecture se trouve confirmée ainsi: le abait-mantis est une variante de l'abait-oiseau, et il y a un mantis guêpe, donc le mantis guêpe est aussi une variante de l'oiseau-guêpe, qui par la se ramène encore a l'abait.

L'abait ou bait, serait la forme spiritualisée du corps nu, ou l'ombre, le spectre, le revenant; devenu le type des ombres, et représente par un dieu, une barque, ou un aviron, il servait de guide aux âmes s'en allant dans l'autre monde par la Fente d'Abydos, et c'est de cette Emigration que vient sans doute la légende du Mont des Oiseaux.


Parte Deux

L'Office des Morts a Abydos.

I

Il y a, au chapitre 17 du Livre des Morts, un passage qui s'explique presque entièrement par une cérémonie d'Abydos.

Voici le texte du Todtenbuch: cet Osiris un tel est celui qui a traverse pur (ou sauf, [glyphs], d'âpres un ancien texte,150) la Mesek-t, et celui a qui l'on a donne (ou apporte, [glyphs] d'âpres un texte thebain,151) le gâteau (ou les gâteaux, variantes [glyphs] et [glyphs]) du Tehen qui est dans Tanent, [glyphs]. La glose ajoute: celui qui a traverse, pur, la Mesekt, c'est Anubis, qui est derrière le coffre contenant les entrailles d'Osiris. Celui a qui l'on a donne, [glyphs], le gâteau de Tehen dans Tanen, c'est Osiris; ou bien: le gâteau de Teheti dans Tanent, c'est le ciel et la terre; ou bien: d'est le châtiment des deux terres par Shu, [glyphs] Heracleopolis; le Tehen, d'est l'Œil d'Horus, et Tanent, d'est le lit d'Osiris.152

L'expression [glyphs] ou [glyphs] ne signifie pas celui qui donne, mais celui a qui l'on donne, comme dans [glyphs] [p.434] [glyphs]153 [glyphs]154 [glyphs]155 Le chapitre 176 du Todtenbuch est ainsi conçu: Formule pour fie pas recommencer a mourir dans la contrée divine d'en dessous.—Oest mon horreur le pays de l'Est;156 que je j'entre pas a l'abattoir, qu'on ne me fasse pas celles des choses qui sont en horreur aux dieux, car Je suis celui qui a traverse, pur, la Mesekt, et a qui le Maitre de l'univers a donne son talisman, [glyphs], en ce jour de l'enterrement par devant les maitres des choses.—Qui sait ce chapitre est un Bienheureux parfait dans la contrée divine d'en dessous. Ce petit texte, variante des lignes étudiées ici du chapitre 17, montre bien comment il faut traduire la formule relative au talisman, ou Tehen.157

La solennité d'Abydos est représentée dans le tombeau de Rekhmara,158 ou se voient les funérailles fictives des personnages de distinction auprès d'Osiris: la, le convoi funèbre, qui aborde a Thinis, puis a Abydos,159 fait trois visites, une a Osiris, une a Anubis, une a la déesse de l'Occident, et c'est pendant la première que se pratique un rite, point essentiel de la cérémonie, qui met en scène le renseignement du Todtenbuch.

Pour se diriger vers Osiris, le convoi part du gynécée, [glyphs] l'appartement des femmes représentées par deux personnes debout devant la daine de la principale maison [glyphs]. Le convoi se compose de deux barques dont l'une, seule figurée d'abord et précédée par les deux pleureuses, contient les prêtres, Kher-heb en chef, Neter-ur, Erpa, Neter-ta, Neter-mer, et Semer, assis sous une tente. Les serviteurs disent: sortie, descente, voyage, vers l'endroit on est ce dieu!

[p.435]

Aussitot âpres a lieu l'arrivée; le Kher-heb est a terre, derrière un her-ur agenouille devant une table d'offrandes, puis deux autres her-ur, [glyphs], présentent la cuisse de bœuf a chacun des deux poteaux d'abordage, celui de l'avant et celui de l'arrière, [glyphs] car les Egyptiens faisaient du poteau d'Abydos une déesse, et son appel est souvent mentionne aux pyramides royales;160 (on est ici au port de Thinis;) âpres le sacrifice d'un bœuf, la barque arrive a l'Occident (par le canal d'Abydos), avec un semer au gouvernail, un her-ur a la proue, et un flambeau devant la tente, indice que la cérémonie avait lieu la nuit. A l'Occident figurent quatorze chapelles consacrées a différents dieux funéraires, et une salle ou sont deux bouffons,161 coiffes du même bonnet de roseaux, ou a jour,162 que les baladines d'une scène reproduite par Wilkinson;163 ce sont les [glyphs], mot analogue a [glyphs], nom du nain ou farceur égyptien, le Nemma.

Tout ce début est sépare du voyage de la seconde barque, amenant sur un lit le coffre qui est censé contenir la momie ou ses entrailles.164 L'arrivée de la seconde barque aux deux mouillages comporte des offrandes d'eau et d'encens aux deux poteaux de l'avant et de l'arrière. Les deux barques ainsi parvenues au même point, on voit les prêtres, dont les uns s'en vont et dont les autres reviennent, dans une vaste place qui a, au centre, un bassin ombrage qu'entourent huit bœufs de sacrifice, puis, a l'extrémité, une liste ou table d'offrandes, un bassin dans un groupe de palmiers, et quatre autres bassins devant lesquels les pleureuses, a genoux, tiennent chacune deux vases.

Il reste a franchir les portes du temple. Apres le nouveau sacrifice d'un bœuf, un Kher-heb, qui débarque dans l'obscurité, prononce en face d'un Semer l'appel suivant, [glyphs]: levez la tète, dieux qui êtes dans l'enfer! Un tel vient pour vous voir. Il est devenu un dieu, il ne périra plus jamais. Et les Amu-Khent, les [p.436] Kheru-heb, les Sahu et les Semeru s'écrient: debout! Poussez vos acclamations multiplices! Asseyez-vous, et accroupissez votre acte de saint magique! Que la nécropole soit a un tel! Les portes ne sont pas encore ouvertes: un Kher-heb debout, un Neter-ta et un Amkhent assis, le Sem qui frappe deux bâtons l'un contre l'autre, sorte d'appel, et les deux pleureuses qui présentent l'encens, se tiennent dans l'attente devant le premier pylône du temple. Le pylône franchi, trois flambeaux sont places derrière un personnage pelotonne et enveloppe sur un lit: le Kher-heb offre l'encens et fait poser les flambeaux, puis: faire venir a la cite de la Feau, et en arrivant se coucher sous elle au bassin de Kheper, [glyphs]165 (Un des noms d'Abydos est [glyphs]166 la cite de Kheper; [glyphs] n'a pas ici son déterminatif, mais on le trouve au Todtenbuch:167 pars, va vers lui, tête-à-tête, [glyphs] approchant du Mesek du del, ou de la Meskhen-t, [glyphs], car les deux groupes ont été employés en variante par le scribe).168

La cérémonie est presque terminée: le Sem et un Semer purifient par des libations d'eau une nouvelle porte dont les cotes Sud et Nord sont indiques, un Suten-rekh, [glyph]169 pioche quatre fois sous deux obélisques que deux autres Suten-rekh semblent étayer, le Kherheb se présente devant un veau lie pour le sacrifice et une des pleureuses qui offre du collyre, die pain et des étoffes, puis le départ commence; les Am-Khentu, ([glyphs] pour [glyphs] a peu prés comme [glyphs] pour [glyphs]170 se jettent dans le canal, [glyphs] [p.437] pour retourner la barque a tente et flambeau des prêtres, et l'équipage se précipite vers Osiris pour le saluer, [glyphs]; c'est le Virement de lord en retournant vers le haut du canal, en face de l'Escalier (le chemin du temple), afin de débarquer a la grande ville du nome Thinite, c'est-a-dire a Thinis: [glyphs] (Les rites du retour se trouvent au tombeau de Neferhotep, comme ceux du départ.)

En comparant cette description avec le passage du Todtenbuch, on voit que les particularités des funérailles d'Osiris étaient reproduites au voyage des morts a Abydos. Le Kher-heb ou officiant, qui représentait le défunt, passait sous le Mesek comme Anubis, le Kher-heb d'Osiris, [glyphs]171 de plus, le défunt recevait un gâteau de Tehen comme Osiris, le dieu d'Abydos. Ce dernier rite, complément du premier, ne figure pas explicitement au tombeau de Rekhmara, mais un texte des pyramides royales le mentionne conjointement avec celui du Mesek, comme on le verra plus loin lorsque celui du Mesek aura été explique.

II.

Quels que soient ses déterminatifs, le mot mesek se rambine toujours a son sens primitif de peau, ainsi que la remarque M. Brugsch.172 Avec ce sens propre il se dit de l'épiderme de l'homme,173 comme du cuir de l'animal, et se trouve souvent employé lorsqu'il s'agit de Typhon ou des bêtes qui le personnifient. Sefekh, la déesse-Calame, s'enveloppe le corps d'une peau de Nehes, qui est dans ce cas une peau de panthère, [glyphs]174 il est parle de sandales en mesek de Nehes;175 [p.438] la pique d'Horus et le fer du prêtre fendent la peau de l'hippopotame, [glyph],176 comme du taureau rouge,177 et si les attaches de l'échelle céleste sont faites avec le [glyphs] d'un dieu ne de la vache Heset,178 les cuirs de la barque infernale sont faits aussi, a ce qu'il semble, d'une peau, [glyphs], de Mnevis marquée en rouge, ou marquée par Set.179 Le Rituel de l'Emballement nous apprend même que le mesek des funérailles était la peau de Set: [glyphs]180 on a célèbre pour toi les bons rites et les bonnes funérailles de la peau de Set, ton ennemi, pour satisfaire ton cœur dans la tombe, et alors l'élu, pleure par ses sœurs dans Mendes et Abydos, se lève le jour, comme le bel éclat du Soleil brillant sur tout pays, parait la nuit en belle Lune, etc.

Ce détail fait entrevoir qu'a l'origine on ensevelissait les morts dans des peaux de bêtes provenant ou non d'un sacrifice funéraire, pratique jadis employée par les Colchidiens,181 qu' Hérodote croyait venus d'Egypte,182 et encore en usage de nos jours sur le Haut Nil.183 Une des momies de Deir el-Bahari, celle d'un jeune prince thebain anonyme, était entourée d'une peau de mouton, en souvenir peut-être, bien que la laine fut impure des le moyen Empire au moins,184 de la coutume thebaine d'âpres laquelle on enveloppait la statue d'Ammon, une fois par an, avec la peau d'un bélier sacrifie.185 Osiris, qui est représente sur une peau de mouton dans un papyrus magique [p.439] du British Museum,186 avait été enseveli dans une vache de bois, d'âpres Diodore,187 comme la fille de Mycerinus, d'âpres Hérodote.188

Tombées en désuétude, ces pratiques furent remplacées par des équivalents, ainsi que le montrent différents indices: on transporta les momies a la nécropole sous un tapis de cuir,189 comme celui de la princesse Astemkheb, ou bien sous un ciel a charpente de bois, sorte de dais recouvert de cuir, et appelé la peau dans l'histoire de Sineh, [glyphs].190

Etre sous le cuir, c'était être mort, et métaphoriquement la tombe fut aussi la peau; c'est pourquoi l'annonce que les bœufs trainent (la momie) vers la demeure du corps, [glyphs]191 est exprimée ainsi au tombeau d'Anna (dix-huitième dynastie): les bœufs vigoureux trainent (le prince) vers le Mesek, [glyphs]192 quoique légèrement déforme par le graveur, ou par le temps, avec le pour [glyph] et [glyph] pour [glyphs], le mot Mesek est facilement reconnaissable ici.

Le mort mis dans une peau, ou sous une peau, semblait obtenir par la l'excellence ou tout au moins la protection de l'animal dont la dépouille l'entourait, comme ces anciens Ethiopiens qui s'étranglaient avec une queue de vache.193 ou ces modernes Hindous qui tiennent en expirant la queue d'une vache. S'affubler d'une peau de victime, en effet, a toujours paru un des plus surs moyens de s'approprier la vertu du sacrifice, a preuve la peau de holier qu'avait a ses pieds le futur myste se purifiant aux Eleusiniens,194 les toisons de béliers dont se revêtaient les prêtres de Zeus allant conjurer la Canicule sur le Pelion,195 la peau de brebis dont les visiteurs d'Hierapolis, en Syrie, se couvraient avant de partir,196 et la peau de bœuf sur laquelle s'asseyaient les Scythes qui voulaient contracter une alliance.197 [p.440] Mais les Egyptiens ne s'en tinrent pas a cette conception initiale. Comme toute chose a son bon et son mauvais cote, l'idée fâcheuse de la mort fit de la peau un emblème funeste et par conséquent typhonien, d'une part, d'autre part, comme le processus polythéiste assimile la nature a l'humanité, chaque défaillance divine devint une mort humaine, et les dieux passèrent aussi sous la peau.

Dans la représentation commémorative des obsèques d'Osiris, son Kher-heb divin, c'est-a-dire Anubis ou Horus, traversait pour lui le Mesek, comme le chapitre 17 du Todtenbuch la montre pour Anubis, et comme le montrera pour Horus un passage de la stèle Metternich, 1. 74-76: me voici, me voici, mon fils Horus, dit Isis au jeune dieu (Kher-heb et Simeref de son père),198 sois sans crainte, sois sans crainte, fils de mon bonheur! Il ne l'arrivera rien de mal; tu as en toi l'essence du créateur des êtres, tu es le fils qui est mi milieu du Pays de la peau, et qui sort du Nun; tu ne périras pas par le feu du venin, [glyphs], etc.

L'hiéroglyphe de la terre accompagnant la le mot, [glyphs], indique bien que la peau avait pris avec les dieux un sens de plus en plus symbolique. Ce sens est précise dans un hymne a la divinité solaire, reproduit au papyrus magique Harris et au temple d'El-Khargeh:199 [glyphs] et ta mère étreint quand tu franchis l'horizon, l'Occident tend les bras pour te recevoir, et tous les êtres l'adèrent quand tu te couches dans l'enfer a l'heure de la nuit: tu réveilles Osiris par tes rayons, etc. Ici le Mesek a pour déterminatif, outre la peau, le firmament. C'est le ciel souterrain ou le pays infernal franchi la nuit par le soleil, et symbolise dans les Livres qui décrivent l'enfer, notamment au début de la Litanie,200 par un crocodile, un serpent et un taureau (celui de la peau, sans doute). De la vinrent les serpents, les taureaux et les crocodiles a une ou a deux tètes, que traversait l'astre dans son voyage nocturne, semblable a celui de ce dieu de la Nouvelle Zélande qui descendit dans le corps de la nuit, son aïeule. On [p.441] remarquera a ce propos, sans parler de Peau d'âne, de l'outre d'Eole et de la tente ou du sac auxquels la Bible compare le ciel,201 que les Orphiques voyaient le firmament étoile dans la nébride tachetée d'Osiris.202

Le temple, qui a en Egypte un caractère funèbre et infernal si marque, fut a son tour assimile a la peau, [glyphs]203 et la peau resta pour les hommes ce qu'elle était pour les dieux, c'est-à-dire un emblème de l'enfer ou, plus exactement, de l'entrée de l'enfer. Aussi, a son arrivée dans l'autre monde et devant la barque infernale, l'Egyptien adressait-il aux divinités de la justice une prière souvent répétée sur les sarcophages: Salut a vous, Bons, Genies, Maitres de la Justice, qui êtes vivants pour l'étertit! Ne me détruisez pas mi Mesek, que les impies ne s'emparent pas de mes chairs, [glyphs], lit-on au chapitre 99 du Todtenbuch, 1. 30-1, et, ajoute le chapitre 72, 1. 5-6, ne me repoussez pas de tos partes, ne fermez point vos battants pour moi, allusion a l'entrée de l'âme dans l'enfer et peut-être aussi, par un retour aux choses terrestres, a l'entrée du corps dans le tombeau, d'on un jugement pouvait l'exclure s'il faut en croire Diodore.204 Ici, le mot Mesek est détermine par la pierre du supplice.205 On trouve la réponse a ce texte, qui est intitule au chapitre 72 Formule pour sortir le jour et ouvrir Amehet, sur les sarcophages du moyen Empire. Les Bons, les Genies, les Maitres des choses. qui existent pour l'éternité; disent: l'Osiris un tel, qu'il ouvre Amehet, qu'il force la résistance des partes pour pénétrer dans le mystère de cette Mesekt, [glyphs], et qu'il voie le dieu qui est la.206

La même idée du Mesek ou plutôt de la Mesekt, car le mot était surtout féminin dans le sens de contrée, se révèle aux pyramides royales: Unas chemine vers son palais, le Taureau du grand bassin207 le protège, le Rugissant208 ne prend pas semets sur la grande barque, il [p.442] ne le repousse pas de la Salle d'éclairage209 des grands vers la Mesekt du firmament infernal, [glyphs], voici qu'Unas atteint le haut du ciel, il voit son corps dans la barque de la nuit,210 par laquelle Unas effectue le voyage, il distingue l'Uræus dans la barque du jour dont Unas apporte l'écope, les hommes réexaminait, les cyclones du del l'enlèvent et conduisent Unas au Soleil.211 Le même texte est dans la pyramide de Teta avec quelques variantes, notamment celle-ci: la Salle d'éclairage des grands ne le retisse pas vers la Mesekt du firmament infernal,[glyphs]212 (dans le mot Mesekt, qui n'a pas ici le déterminatif du chemin, le signe [glyph] est une petite faute du graveur pour [glyph]213). Aux pyramides de Pepi I, de Merenra et de Pepi II, cette phrase fait partie d'une formule différente: He! Batelier! J'apporte ceci d'Horus: apporte son œil. J'apporte ceci a Set: J'apporte son scrotum. £n cheminant, l'œil d'Horus est tombe de la partie orientate du ciel, et en cheminant avec lui tu es tombe de la partie orientate du ciel, (mais) Merenra vient et pratique son acte de salut magique pour le Soleil dans le séjour des dieux, guides de leurs Genies,214 qui vivent aux demeures d'Horus et vivent aux demeures de Set. Merenra arrive, Merenra parait, il atteint le haut du ciel, la Salle d'éclairage des grands ne le repousse point vers la Mesekt du firmament infernal, [glyphs], la barque du Jour appelle Merenra, voici qu'il l'écope, et Ra fait de Merenra le premier des Immortels.215

D'âpres ces textes, la Mesekt appartient au Sehetu ou Sehut, que déterminent le firmament et l'étoile, et qui a des portes de fer, d'âpres une formule,216 [glyphs] [p.443] qu'une autre formule l'appelle ciel d'or, et chambre da Taureau lumineux, (le gardien de la [glyphs] première porte de la nuit217) [glyphs]218 ce serait l'agrandissement de la salle d'or des tombes, comme la Mesekt est l'agrandissement de l'enveloppe des morts.

Le mesek, d'abord simple linceul ou dais de cuir, était donc devenu la Mesekt ou l'enfer, c'est-a-dire la contrée de la peau du taureau typhonien ou s'engloutissaient les dieux comme les mânes, et qui passait pour une gorge montagneuse, [glyph] un chemin, [glyphs], une ile, [glyph], un endroit de supplice, [glyph], un ciel, [glyph], ou, d'une manière plus générale, un lieu, [glyph], et [glyph].219 Traverser cette peau ou cette région, c'était se purifier pour passer, par la mort, d'une vie ancienne a une vie nouvelle. Ainsi avait fait Osiris, et ainsi faisaient par procuration a Abydos les grands personnages, qui s'identifiaient de la sorte avec le dieu.

III.

Les différentes gloses déjà citées du chapitre 17, au Todtenbuch, nous apprennent peu de chose sur le rite assez obscur du Tehen; le commentaire suivant, qui remonte au moyen Empire, est un peu plus explicite: O ce Kheper qui est milieu de sa barque, et dont l'Ennéade est le corps eternel, délivre-moi de ces bourreaux inquisiteurs a qui le Seigneur universel a donne la puissance, et qui font office de bourreaux contre ses ennemis, etc., dit-on au sarcophage de Horhotep, 1. 552 et suivantes, parce que je suis celui qui a traverse, pur, la Mesekt, et a qui il a été donne le gâteau de Tehen dans Tanent. Explication: la Mesekt est le lieu du châtiment datais Heracleopolis, le Tehen est l'œil châtiant le monstre-Hau, et Tanent est la salle d'Osiris, [glyphs].

[p.444]

D'âpres ce texte c'est de Hau, monstre ou reptile typhonien,220 variante du serpent (Rerek) et du taureau (Ka),221 qu'on châtiait avec le Tehen. Quelque chose d'analogue avait lieu en Thebaide, d'âpres les textes magiques des papyrus du Louvre et du temple d'El-Khargeh, conjurant le reptile ennemi dont la gueule a une écume de feu,222 et qui vient pour s'emparer du disque de l'Amenranef qui réside a Karnak, l'Osiris thebain (papyrus No. 3237).223 Recule, tourne la fête en arrière, Set, mauvais compagnon, m'échant reptile dont la gueule a une écume de feu, n'approche pas des membres divins. C'est toi que désignent les quatre briques de Tehen qui sont dans le grand temple aux deux cites d'An (Heliopolis et Hermonthis). Brisées aujourd'hui, elles frapperont ta fête, elles casseront tes reins, elles détruiront ton âme en toutes tes places,224 [glyphs].225

La brique de Tehen équivaut au gâteau de Tehen; elle était, en effet, mangée par le serpent, de même que des oies de calcaire et des pains d'argile (si ce sont des pains) en cônes ou en briques avec inscriptions nominatives,226 étaient censés servir de repas aux morts, parva petunt Manes; dans la conjuration ou shen du reptile typhonien, Rerek, le dernier paragraphe débute par une interpellation ironique au monstre, qui l'on faisait vomir ce qu'il avait mange d'âpres d'autres textes:227 vomissements du mur, expectorations de la brique! [glyphs] écume sortie de ta gueule soit contre toi! Le feu est éteint, on ne trouve plus la flamme, etc.228

[p.445]

Un chapitre du sarcophage de Horhotep, pour que la fête ne soit pas enlevée a la personne, représente aussi comme un aliment le Tehen,229 dont les gâteaux étaient probable nient en forme de briques: O serpent-Rerek, rodeur; (voici)230 Shu et Apuatu. Je suis celui qui détruit, pour le Mangeur de Tehen. [glyphs] je suis Horus, je viens [glyphs] de nouveau a la limite du ciel et de l'enfer, Je passe par la démure ou sont caches les quatre piliers du ciel. J'ai vu Celui qui repousse le Velu, [glyphs], et violente les Genies au lieu qu'habitent les Castigateurs, [glyphs] dis qui fai trouve la, oil je suis venu: Celui qui repousse le Velu et violente les Genies. Je suis le Grand, fits du Feu, celui a qui sa tète est rendue âpres sa décollation. Qu'on enlève a quelqu'un sa tète âpres sa décollation, on ne m'enlèvera pas ma tète. Je suis la baguette du Sort qui fait marcher par elle les barques des âmes,231 la corde-serpent Nenudji232 de ceux qui sont dans l'horizon, cette nuit de chasser le rodeur.233 Dans les conjurations de Rerek, on disait encore au serpent: le pain de ton père est pour toi,[glyphs]234 nouvelle illusion sans doute a la substance indigeste que détermine la marque des coupures, [glyph], au chapitre qui vient d'être traduit.

Un des serpents de l'autre monde, Ankahuef, analogue au typhonien Nehaher, et parfois comme lui gardien et juge, avait le titre de [glyphs], Celui qui se nourrit de Tehen:235 il habitait le bassin de Mati, ou l'Amenti, ou Rosta, ou Auker, c'est-a-dire l'enfer, et il punissait le blasphème contre le dieu d'Abydos, Neter-nuti.236

Le Tehen est le cristal, d'âpres plusieurs égyptologues, et notamment M. Chabas,237 dont l'opinion se trouve confirmée par un texte [p.446] des pyramides royales qui mentionne a cote du rite de la peau celui du verre: La grande Rosee (la libation238) est au Taureau de Nekhen (Horus),239 et la flamme du feu de ce Teta est pour vous, qui êtes derrière le sarcophage divin [glyphs].240 O diète grand, dont le nom est ignore, il y a des offrandes a la place du Seigneur unique. O Seigneur de l'horizon, fais une place a ce Teta I. Si tu ne pais pas une place a ce Teta, tu (en) feras une proie au sein du père Seb, la terre.241 Seb ne lui parlera pas, il ne le relever a pas s'il trouve ce Teta sur son chemin, il le mangera,242 lui le dévorateur sacre du Lac? Que paraisse le Lumineux, que se lève le Grand, que parlent les dix-huit dieux de la terre, que vente le vent, que se réunissent les deux enfers, que se rejoignent les deux sanctuaires, que se voilent les passages en faveur des Passants, que s'anéantissent les montées en faveur des Sortants! Apport de la corde, traversée de la Mesekt, bris du verre a l'entrée du canal du Nil [glyphs].243

On voit que la traversée de la Mesekt et le bris du verre, [glyphs] copte bjhiii,244 correspondent ici au passage de la Mesekt et a l'apport du Tehen mentionnes par le chapitre 17 du Todtenbuch; il suit de la que le Bedju n'est qu'une variante du Tehen, matière bien connue des l'ancien Empire,245 comme le verre,246 et employée pour la confection des amulettes, des sistres, des cachets, des vases, etc.247 Comme on distinguait le Tehen vrai, le faux ne pouvait être que le verre, dont les Arabes font aussi des amulettes,248 et la faïence.

[p.447]

Si le texte des pyramides royales dit qu'on brisait le verre, le chapitre 125 du Todtenbuch fournit un renseignement de même nature sur le cristal. Toutefois ce dernier texte contient une description du symbolisme qui parait fortement mélangée d'éléments heliopolitains, les idées d'Heliopolis ayant pénètre dans le culte Osirien par Mendes, comme celles d'Heracleopolis par Abydos.

D'âpres le chapitre 125, quand le mort va se présenter devant ses juges, il interpelle les dieux qui sont dans la salle de la Justice, Ma-ti, ainsi que les bourreaux et les messagers qu'il redoute, puis, il déclare qu'il s'est purifie dans les lacs voisins d'Heliopolis, et les dieux lui font alors subir un interrogatoire en régie:

Faites-le venir, disent les dieux. Osiris un tel, qui es-tu? Quel est ton nom?—Je suis l'Osiris un tel. Celui qui prospère sous les papyrus, celui qui est dans son baumier249 voila mon nom.—Par ou es-tu venu, lui disent-ils? Je suis venu par la ville qui est au N'ord du baumier (arbre sacre d'Heliopolis).—Qu'as-tu vu la?— e pied et la jambe (d'Osiris; un texte thebain a la main et la jambe, ce qui est plus conforme aux traditions.250)—Qu'as-tu vu (encore)?—Des réjouissances en ce pays des Devoiles (ou des Phéniciens, d'âpres presque tous les textes thebains).—Que fa-t-on donne?—Une flamme de feu avec un sceptre-uadj de cristal, [glyphs]—Qu'en as-tu fait?—Je les ai enterres251 sur les rives du bassin de Mati, (a Abydos et sur la route de l'enfer,252 mais quelques textes nomment ici le bassin heracleopolitain de Maa), dans les cérémonies nocturnes, [glyphs],253 (peut-être le rite consistant a piocher sous deux obélisques qui rappellent ceux des tables d'offrandes, prés du bassin de Kheper).—Qu'as-tu trouve sur ces rives du bassin de Ma-ti?—Un sceptre-uas en pierre (celui d'Anubis,254 dieu des morts et de la nuit, trouve peut-être en piochant le champ d'Abydos, dans la visite a Anubis, rite figure au tombeau de Rekhmara).255Tu Pas ramasse? Parle! —L'Osiris un tel fa ramasse.[p.448] Qu'est-il, ce sceptre de pierre?—Celui qui donne le souffle, voila sou nomQu'as-tu fait de ceci, la flamme de feu et le sceptre de cristal, âpres les avoir enterres?—Jai prie sur eux, je les ai retires, j'ai éteint le feu256 et fai brise le sceptre en le jetant an bassin, [glyphs] ou [glyphs]257 jeter la cuisse et le cœur dans le canal du pehu, a Abydos).—Viens, entre dans la grande salle de la Justice; tu nous connais.258

Cette série d'actes extra-terrestres, correspondant sans aucun doute a de vrais rites, est rappelée en résume au Livre de l'Hémisphère inferieur, dont la troisième heure contient la scène suivante: un homme accroupi tient une prunelle, Celui qui apporte l'œil et apaise les dieux; derrière lui sont un chacal et un sceptre-uas sur un pylône,259 l'Anubis du sceptre-uas, [glyphs]; devant lui est un sceptre-uadj surmonte d'un morceau de chair, Ur-hekau.260

A la dixième demeure infernale décrite par le chapitre 149 du Todtenbuch, il est parle ausi du sceptre-uadj de cristal (protecteur de son maitre, [glyphs] d'âpres une version de Denderah),261 mais le passage est incorrect et obscur.

Au fond, le cristal brise prés d'un canal au chapitre 125 du Todtenbuch, ne parait pas plus différer du verre brise prés d'un canal et prés de la Mesekt, aux pyramides royales, que, dans le même texte des pyramides, la Mesekt et le verre ne différent du cristal et de la Mesekt du chapitre 17. S'il en est ainsi, ces concordances permettront d'éclaircir la signification donnée a l'offrande du Tehen.

[p.449]

IV.

Le Tehen était offert en gâteau prés de la Mesekt, et son substitut, le verre, était casse prés de la Mesekt; de même la brique de Tehen, mangée, était aussi cassée; de même encore le sceptre de Tehen était enterre et casse. C'est Typhon ou un des siens qui avalait le Tehen, et c'est sur sa tète qu'on le brisait, mais Typhon personnifiait la terre ou tout au moins la terre de la nécropole, de sorte qu'enterrer le Tehen c'était toujours le faire avaler a ce dieu. Il y a la une suite d'analogies montrant que les formes du gâteau, de la brique et du sceptre peuvent se ramener a une seule, celle, par exemple, de l'amulette rectangulaire en faïence marque d'un sceptre uadj262 et de même les rites relatifs a ces talismans ou khu se réduisent a un seul rite, dont le sens le plus visible rentre dans le symbolisme solaire. Ce sens fut admis des une haute antiquité par les Egyptiens, qui voyaient dans le Tehen l'image du châtiment de Typhon par l'œil céleste,263 ou du châtiment des deux parties du monde par le dieu de l'air et de la lumière, Shu.264 Si, en effet, le Tehen est proprement le cristal, les gloses du Todtenbuch montrent que le mot avait été pris aussi dans son acception dérivée.

Le cristal étant le corps brillant par excellence, le Tehen était la lumière: la flamme surgit, le scarabée surgit, la splendeur resplendit, (au moment de l'offrande), [glyphs]265 Sekhet était une face de Tehen dans la salle du feu,266 et on offrait le Tehen a la déesse Maut le 6 du mois, avec tous les rites d'allumer le feu.267 On comparait au Tehen le luisant des feuilles, le brillant de la peau, l'aurore, le clair de lune ou Thot-Tehen, etc. L'expression d'aten tehen ou disque resplendissant268 n'est pas rare, au moins sous le nouvel Empire. De plus, un des couples males et femelles représentant les Genies du Soleil était celui du Tehen,269 et l'astre lui-même était dit tehen aru ou forme de lumière.270

[p.450]

Mais la lumière étant l'œil sacre, le Tehen fut aussi cet œil. Le Tehen est l'œil d' Horus:271 tu resplendis par lui an milieu des dieux en son nom de Tehen, [glyphs]272 Unas apporte le Tehen an grand qui est au milieu de la campagne, [glyphs]273 etc. D'âpres le rite qu'on pourrait dire heliopolitain, le Tehen recevait la forme d'un des amulettes les plus vénères,274 celle d'un sceptre imitant une colonnette ou plutôt le lotus de la Basse Egypte, et désignant la verdeur, la force, la prospérité; la déesse de ce lotus275 de vie, [glyphs]276 ainsi, dans la religion solaire qui admettait un Ka-Uadj277 a cote du Ka-Tehen, la force et par conséquent l'œil du Soleil: [glyphs], Uadjit flamme est l'œil de Ra, dit une glose du chapitre 17, 1. 93. (On remarquera que l'un des temples de la déesse s'appelait la Place de ramasser son sceptre-uadj [glyphs]278 expression identique a celle du chapitre 125, 1. 52).

Dans ce ro1e solaire l'amulette de cristal, Tehen, mange par Typhon ou enterre sous le sol avec une flamme, doit symboliser le soleil qui devient a son coucher la pâture de l'enfer. Mais l'enfer ne garde pas sa proie, c'est-a-dire le Tehen, l'œil d'Horus ou la lumière. Un passage de l'Ap-ro dit que l'œil est délivre de la gueule du Taureau, [glyphs] ou [glyphs],279 etc. l'hymne du papyrus No. 5 de Berlin parle du Serpent (neknu) a qui le Soleil fait rendre ce qu'il a mange, [glyphs]280 et une [p.451] scène des hypogées royaux281 montre le Crocodile qui expectore l'œil [glyphs] du Soleil, [glyphs]. Le chapitre 149 du Todtenbuch, 1. 45, dit aussi, dans un sens probablement analogue, au sujet d'Urhekau dont on a vu le nom donne au sceptre uadj dans l'Amtuat: je suis cet œil d'Horus, Urhekau,282 la pierre sortie de Set.

Le Tehen était donc déterre ou arrache a son ennemi, sur la tète duquel on le brisait comme un carreau de foudre, et on le brisait sans doute parce que le soleil couche semblait un soleil mort, de sorte que chaque matin le ciel enfantait non l'ancien astre, mais un astre nouveau, fils de lui-même: le feu nait du feu, [glyphs]283 disent les formules traditionnelles, et hier est Osiris, le dieu défunt, demain est Ra, le soleil vivant, [glyphs]284 On abandonnait ensuite les débris du Tehen a l'eau sainte du Nil, père des dieux, qui les cachait dans l'espace inconnu ou tout se défait et se reforme.

Telle est la signification apparente que présente le rite du Tehen a l'époque historique, sans préjudice du symbolisme annuel qui a pu s'ajouter ici au symbolisme diurne, et qu'a signale M. de Rouge285 sans préjudice non plus d'une dernière allégorie dont l'existence est au moins probable: le mot Tehen, si souvent détermine par le ciel orageux, désignait encore la foudre qui produit le verre des fulgurites et dont l'éclair brille comme le cristal; il est en conséquence fort possible que le Tehen avec lequel Shu punissait le monde et l'impie, ou qui tombait en briques sur la tête de Typhon, ait été parfois quelque chose comme le tonnerre avec lequel Zeus châtiait les méchants. Certains déterminatifs du Tehen représentent le ciel orageux avec trois ou avec quatre [glyph], et même, semble-t-il, avec trois pierres tombant,286 les pierres de foudre, peut-être les briques [p.452] écrites jetées sur la tète de Set, et analogues en un sens a ces pierres marquées au ciel pour être lancées contre les infidèles, d'âpres un passage du Koran.287

Quoiqu'il en soit, la cérémonie du cristal n'a pu tire son origine d'allégories aussi étendues. Le bris d'un verre ou d'un vase, par exemple, comme on le voit encore dans les mariages israélites, les toasts russes, et les coutumes cairotes,288 a par lui-même un sens visiblement restreint, qui convient seul a l'époque ou le rite du Tehen prit naissance. Accompli en effet pour Osiris dont les obsèques représentent celles de l'homme, ce rite était essentiellement funéraire, et les coutumes funéraires appartiennent, en Egypte comme ailleurs, a une couche d'idées très primitives.

Parmi ces idées, figure celle de la manducation des hommes par les dieux,289 sortes d'anthropophages ou de harpies qui causent la mort en ce monde par leur voracité. Ce n'est donc pas seulement l'œil du Soleil, ce sont encore les habitants de l'Egypte que Typhon cherchait a dévorer. Aussi trouve-t-on dans les livres égyptiens sur l'autre monde des renseignements comme celui-ci, qui est relatif a un serpent duquel émergent Tmu et l'œil sacre, c'est-a-dire le soleil: l'image de Tmu sort de son dos, puis il ravale son image. Il vit des ombres des morts, son corps est fait de tètes, [glyphs].290 Un autre monstre, compose d'une chaine de tètes, sorte de Nehebka, s'appelle Tepi, Celui des tètes;291 au tombeau de Seti I, les tètes sortent d'un serpent sous les coups de bâton qu'on applique a celui-ci, comme ailleurs a Set,292 pour lui faire rendre ce qu'il a englouti.293

Cette conception des morts dévores par l'enfer ou la terre294 en amène une autre. Puisque les dieux de l'autre monde ont faim, il faut leur donner a manger en passant pour n'être pas mange soi- [p.453] même. De la les gâteaux de Cerbere, et les gâteaux tenus par les visiteurs de l'antre de Trophonius. De la aussi, très vraisemblablement, le gâteau de Tehen, remis au mort égyptien pour Typhon.

Le gâteau aurait figure par substitution la vie humaine (avant de symboliser la clarté solaire), et on l'aurait rompu, suivant la vieille coutume de casser les amulettes des tombes, pour punir le monstre infernal comme pour représenter l'existence brisée. Il est même admissible qu'une intention de supercherie, comme par exemple dans la remise a Kronos d'une pierre pour un enfant, ait motive en partie le choix du Tehen. Tandis qu'on offrait de vrais gâteaux vies aux fideles d'Osiris,295 les personnages typhoniens recevaient de faux gâteaux mesi faits de verre, et plus faciles par conséquent a engloutir qu'a digérer. C'est ainsi qu'Horus-ichneumon déchirait les entrailles du crocodile.

Les vieux rites du Tehen offert et rompu une fois établis, le symbolisme du cristal dut s'élargir peu a peu. Il y eut en enfer une porte du Tehen dans Tanent, c'est-a-dire dans la terre,296 [glyphs];297 Thoth put dire au Soleil, pour faire entrer le mort dans la barque divine, Tanent est satisfaire de son maitre, [glyphs]298 le jour passa pour être cache dans le Tehen, chapitre 97 du Todtenbuch299 (si toutefois le texte en est correct); l'uadj ou le jour appartint a Horus comme la nuit à Set: tu as divise l'ombre, séparée de Set, et brise l'Uadj [glyphs] favori d'Isis, que tu as sépare d'Horus, tu ne seras pas renverse, tu ne seras pas écarte;300 enfin, le gâteau prit les proportions d'un astre, [p.454] comme ce fromage d'Io dont parle La Fontaine dans ses fables:301 La lune a l'horizon montait, hostie homme, a dit aussi V. Hugo.302

Ainsi le cristal eut le sort de la peau. Tous deux reçurent avec le temps une valeur plus relevée ou plus compréhensive, et comme tous deux concernent un même point du culte des morts, l'envoi de l'âme dans l'autre monde, il n'est pas étonnant qu'ils soient entres et demeures dans une relation étroite. Cette relation ressort de la formule des pyramides royales accolant les deux objets, ainsi que du chapitre 17 du Todtenbuch. Sur ce point la version que le sarcophage de Horhotep:303 donne du chapitre 17 est très instructive, puisqu'elle fait du Tehen le Castigateur, [glyphs] et de la Mesekt le lieu du châtiment, [glyphs].

Un lien pareil existait naturellement entre ces coutumes funéraires et la cite funéraire, Abydos. Bien que la conception du châtiment de la terre, origine du nom de ville Kenkentaui, [glyphs]304 ait pu naitre a Heracleopolis ou le châtiment avait lieu, Abydos n'en resta pas moins la ville par excellence des rites de la peau et du cristal, crées ou non par elle et pratiques ou non par d'autres. On la trouve donc appelée Tanent et Aa-mesek, par exemple sur une statue du Louvre (nouvel Empire), dans une prière du dedicateur. [glyphs]305 je suis le grand favori (si [glyph] n'est pas pour [glyph]306) dans Abydos, le très pur dans Tanent, et sur une stèle du Caire, dans une adoration à Osiris (epoque saite), [glyphs]307 Aa-mesek est en joie, et Tanent entre en allégresse.

[p.455]

Voici maintenant l'idée générale que suggèrent les deux rites qui viennent d'être étudies, et dont les développements ainsi que les rapports existaient sous l'ancien Empire, comme le montrent les pyramides royales:

Osiris étant la momie par excellence, ses funérailles furent l'image solennisée des obsèques humaines, de sorte que les gens de distinction participèrent aux avantages de cette cérémonie grandiose en la faisant célébrer pour leur compte a Abydos, dans le temple du dieu. L'office avait lieu la nuit, aux flambeaux, et Tune de ses parties essentielles consistait dans le passage de l'officiant sous une peau, puis dans le bris d'un morceau de cristal. La peau, souvenir des anciens linceuls en cuir, avait fini par symboliser le pays des morts qu'il fallait traverser en se purifiant pour renaitre, de même que le cristal, sorte d'offrande fallacieuse aux mauvais esprits, était devenu la lumière disparue, et peut-être aussi la foudre dont le ciel frappait Typhon. L'ensemble de ces vigiliæ mortuorum n'est pas sans ressemblance extérieure avec les messes commémoratives, célébrées devant un catafalque, ou avec les prises de voile dans lesquelles la novice, comme une défunte, est couchée sous un drap mortuaire qui la sépare a jamais du monde.


NOTES

1 Lepsius, Todtenbuch, ch, 76 et 104.

2 Zeitschrift, xxx, p. 56-9.

3 Proceedings, Juin 1892, p. 396-402.

4 Sarcophage dc Horhotep, 1. 744.

5 Id., 1. 468.

6 Pepi I, 1. 79, et Merenra, 1. 109 et 706.

7 Merenra, 1. 334, et Pepi II, 1. 22 et 852.

8 Cf. Schiaparelli, Una tomba Egiziana inedila della VIa dinastia, p. 20.

9 Cf. Naville, Todtenbuch, II, pl. 159 et 240.

10 Girard de Rialle, Mythologie comparée, I, p. 103.

11 Egyptian Inscriptions, I, pl. 105.

12 Transactions, VIII, part 3, p. 327.

13 Leroux de Lincy, Le Livre des Légendes, p. 92.

14 Cf. Merenra, 1. 67, et Pepi II, 1. 48.

15 Eschyle, édition Didot, fragment 28 (d'âpres le scholiaste de Theocrite ad Idyl. X, 18).

16 2e partie, II, ch. i, § I.

17 Page 65.

18 T. I, p. 42, a la Bibliothèque nationale.

19 Pepi II, 1. 860.

20 Pepi II, 1. 159.

21 Zeitschrift, 1S66, p. 86.

22 Cf. Stèle C 3 du Louvre, 1. 14 et 15.

23 Seti I, III, p. 3.

24 Cf. Zeitschrift, 1881, pl. /^b, 1. 26-7,

25 Cf. Todtenbuch, ch. 112, 1. I.

26 Cf. Teti, 1. 269 et 278, et Tombeau de Horhotep, 1. 43.

27 Virey, Le Tombeau de Rekhmara, pl. 33.

28 Dumichen, Der Grabpalast des Patuamenaf, II, pl. 2, 1. 40.

29 Schiaparelli, Il Libra del Funerali, parte prima, p. 115.

30 L. 468-9.

31 Aelteste Texte, pl. 14, 1. 41-2.

32 L. 744.

33 Cf. Merenra, 1. 105, et Tepi II, 1. 17.

34 Merenra, 1. 74, et Pepi II, 1. 77.

35 Cf. Schiaparelli, Libra del Funerali, parte prima, p. 27.

36 Chapitres 89 et 92, éditions Lepsius et Naville.

37 Transactions, VIII, part 3, "On the Shade or the Shadow of the Dead."

38 Pierret, Etudes Egyptologiques, VIII, p. 13, Stèle C 117 du Louvre.

39 Naville, Todtenbuch, I, ch. 89, 97 et 104.

40 Sharpe et Bonomi, Sarcophage de Seti I, pl. 13, B.

41 Cf. Proceedings, Juin 1892, p. 400-2.

42 I, 7.

43 Todtenbuch, ch. 91, 1. 2.

44 Todtenbuch, ch. 91 et 92.

45 Birch, On the Shade, p. 393.

46 Champollion, Notices, II, p. 621.

47 On the Shade, planches.

48 Id., p. 622.

49 Birch, On the Shade, p. 391.

50 Naville, Todtenbuch, II, ch. 149, k.

51Dumichen, Der Grabpalast des Patuamenap, II, pl. 2, 1. 40.

52 Flinders Petrie, Ten Years Digging in Egypt, p. 73.

53 Schiaparelli, Libre dei Funerali, parte prima, p. 66, et pl. 4, 1. 20.

54 Cf. Naville, Todtenbuch, ch. i, pl. 6, el ch. 18, pl. 78, 79.

55 Cf. Diodore, I, 87.

56 Proceedings, Juin 1892, p. 400.

57 Recueil de travaux, IX, p. 90.

58 Porphyre, de Antro Nympharum, 19.

59 Eneide, VI, v. 705.

60 Porphyre, de Antro Nympharum, 18 et 19.

61 Pausanias, IX, 40.

62 Champollion, Notices, II, p. 600.

63 PI. 26, 1. 8; cf. Todtenbuch, ch. 101, 1. 7.

64 Cf. Daressy, Recueil le travaux, XI, p. 79.

65 Todtenbuch, édition Naville, ch. I, 1. 49.

66 Id., h.

67 Cf. Pepi I, 1. 646 et 651.

68 Cf. Pierret, Etudes l'égyptologiques, I, p. 34.

69 Cf. Todtenbuch, ch. 92, 1. 3.

70 Dendérah IV, 74, h.

71 Cf. Todtenbuch, ch. 58, 99 et 122.

72 Mariette, Abydos, III, p. 26, 426 et 451.

73 Id., Ill, p. 493.

74 Champollion, Notices, II, 404.

75 Virey, Les Tombeau de Kekhmara, pl. 26; cf. Champollion, Notices, II, p. 620.

76 Pepi II, 1. 857; Todtenbuch, ch. 130, 1. 10, ch. 49 b, et passim; Pierret, Etudes Egyptologiques, I, p. 54; etc.

77 Sarcophage de Horhotep, 1. 329 et 31 1-2; cf. Todtenbuch, ch. 63, 1. I.

78 Zeitschrift, 1864, p. 101.

79 Marietta, Abydos, III, p. 398.

80 Todtenbuch, ch. 15, 1. 27.

81 Id., édition Naville, II, ch. 99, pl. 226.

82 Id., ch. 58 et 1 22.

83 Rosellini, II, pl. 107-8; et Wilkinson, Manners and Customs of the Ancient Egyptians, Edition Birch, II, pl. 13, 2.

84 Dendérah, III, 37, h; cf. id., IV, 23.

85 Brugsch, Supplément au Dictionnaire, p. 422.

86 Stèle d'Imhotep, fils de Khahap, 1. 4.

87 Lepsius, Auswahl, pl. 16.

88 Champollion, Notices, i, p. 882; cf. id. I, p. 341, et II, p. 71, 81 et 232.

89 Id., 1, p. 176.

90 J. de Rouge, Edfou, II, pl. 132; Denkmaeler, IV, pl. 82, b, 1. i; etc.

91 Dendérah, I, pl. 29, a, 59, c, 79, a, et II, 26, etc.

92 Mariette, Abydos, III, p. 469.

93 Teti, I. 282; Champollion, Notices, II, p. 345; etc.

94 Pepi I, 1. 648 et 720, et Merenra, 1. 748-9.

95 Merenra, 1. 65.

96 Wilkinson, Manners and Customs of the Ancient Egyptians, édition Birch, II, pl. 13, 2.

97 Denkmaeler, II, pl. 18 et 22.

98 Unas, 1. 644 et 647; Sarcophage de Horhotep, 1. 446; etc.

99 Todtenbuch, ch. 17, 1. 67; cf. id., ch. 125, 1. 36, et edit. Naville, II, pl. 313.

100 Todtenbuch, ch. 63, 1. 2.

101 Id., ch, 18, 1. 30.

102 Unas, 1. 643-4.

103 Pepi I, 1. 568, et Aelteste Texte, pl. 11, 1. 15.

104 Unas, 1. 644-5; Sarcophage de Horhotep, 1. 413-4; et Dumichen, Der Grabpalast, I, 2e partie, p. 53.

105 Proceedings, Juin, 1886, p. 198; cf. Sarcophage de Horhotep, 1. 446.

106 Unas, 1. 646-7.

107 Pepi I, 1. 604.

108 Todtenbuch, ch. 125, 1. 36; cf. id., ch. 17, 1. 64-8.

109 Birch, Revue Archéologique, 1863, p. 121.

110 De Iside et Osiride, 62, et Athénée, XV, 7.

111 Cf. Aelteste Texte, Sarcophage de Mentuhotep, pl. 12, 1. 9-12.

112 Athénée, XV, 7.

113 II, 24.

114 Pepi I, 1. 604; cf. Denk., IV, pl. 46 a, 1. 32.

115 Todtenbuch, ch. 63, 1. 1-3.

116 Proceedings, Juin. 1892, p. 401.

117 Proceedings, Juin, 1892, p. 400.

118 Pepi I, 1. 267-8; cf. Merenra, 1. 480.

119 Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique, p. 125; Simeone Levi, Vocabularie geroglifico-copto-cbraico, t. II, p. 120; et Brugsch, Supplément au Dictionnaire, p. 12.

120 Plutarque, de Iside et Osiride, 63.

121 Dendérah, I, pl. 25, 1. 3, et IV, pl. 15.

122 Mariette, Mastabas, p. 466-7; et J. de Rouge, Inscriptions hiéroglyphiques, pl. 304.

123 Horhotep, 1. 455.

124 Denkmaler. II, pl. 81; J. de Rouge, Inscriptions hiéroglyphiques, pl. 56; Mastabas, p. 530; Champollion, Notices, II, p. 434; Pierret, Etudes égyptologiques, VIII, p. 130; etc.

125 Dendérah, I, pl. 28; cf. Abydos, II, pl. 39, et III, p. 23.

126 J. Marquardt, le Culte chez les Romains, 11, les Sodales Augustales.

127 Dendérah, I, pl. 28; cf. stèle C. 15 du Louvre.

128 De Iside et Osiride, 63.

129 Brugsch, Dictionnaire, p. 37.

130 Cf. Birch, Zeitschrift, 1864, p. 95.

131 Pepi I, 1. 390; Pepi II, 1. 916; Horhotep, 1. 730, 731; etc.

132 Cf. Todtenbuch, 149, g, édition Naville.

133 Mémoires historiques et géographiques sur l'Egypte, t. I, p. 29-38.

134 Guide Joanne, Egypte, p. 468.

135 Heptanomide, ch. xvi, § 2.

136 De Natura Animalium, II, 43.

137 Id., IV, 2, et Variæ Historiæ, I, 15.

138 De Natura Animalium, VII, 18.

139 J. de Rouge, Inscriptions Géographiques d'Edfou, pl. 139; cf. Pepi II, 1. 738.

140 Stèle du Louvre, C. 3, I, 14 et 15; cf. Todtenbuch, ch. 17, 1. 61-3.

141 Cf. Horapollon, I, 8.

142 Dendérah, IV, pl. i.

143 J. de Rouge, Revue Archéologique, 1865, p. 334.

144 Mariette, Papyrus de Boulaq, II, pl. 11, 1. 4.

145 Chabas, Papyrus Magique Harris, pl. 6, 1. II-13.

146 Cf. Brugsch, Dictionnaire Géographique, p. 1001.

147 Cf. Champollion, Notices, II, p. 514; et Horapollon, I, 7.

148 Cf. Strabon. XVII, 41.

149 Cf. Blanchard, Métamorphoses des Insectes, p. 574.

150 Lepsius, Aelteste Texte, pl. 19, I-59 et 60.

151 Naville, Todtenbuch, II, pl. 69.

152 Lepsius, Todtenbuch, ch. 17, 1. 79-83; et Naville, Todtenbuch, II, pl. 69-70.

153 Naville, Todtenbuch, ch. 17, pi. 65, et ch. 181, 1. 17.

154 Id., ch. 181, 1. 19.

155 Id., 1. 22.

156 Id., ch. 43; et Sarcophage de Horhotep, 1. 367-8.

157 Cf. Todtenbuch, ch. 93.

158 Virey, Le Tombeau de Rekhmara, pl. 25-27, et L'Episode d'Aristie, p. 9-10.

159 Cf. Merenra, 1. 104.

160 Pepi I, 1. 611; Merenra, 1. 101, 330, 415; etc.

161 Cf. Denkmaeler, III, pl. 11, e.

162 Champollion, Notices, I, p. 493.

163 Manners and Customs of the ancient Egyptians, édition Birch, II, p. 54.

164 Cf. Todtenbuch, ch. 17, 1. 81.

165 Cf. Rekhmara, pl. 24.

166 J. de Rouge, Edfou, pl. 93; et Brugsch, Dictionnaire géographique, p. 715-6.

167 Ch. 58, 1. 2, et ch. 122, 1. 2.

168 Cf. Id. ch. 72, 1. 5.

169 Cf. Flinders Petrie, Illahun, Kahun, and Gurob, pl. 9, 14; id., A Season in Egypt, pl. 13, No. 337; Denkmaeler; II, pl. 151, 6; et Abydos, III, No. 1394.

170 Rekhmara, pl. 36.

171 Todtenbuch, ch. 145, 1. 31.

172 Brugsch, Supplément au Dictionnaire, p. 643.

173 Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique, p. 238.

174 Dendérah, iv, pl. 82.

175 Dumichen, Geschichte des alten Aegyptens, p. 162.

176 Naville, Textes relatifs an mythe du Horus, pl. 5, 1. 2, et. pl. II, 1. 5.

177 Dendérah, iv, pl. 85, b.

178 Pepi II, 1. 976.

179 Naville, Todtenbuch, ch. 99, pl. 224.

180 Maspero, Sur quelques papyrus du Louvre, p. 40.

181 Fragmenta Historicorum Græcorum, ii, p. 380; Apollonius de Rhodes, Argonautiques, iii, 202; et Elien, Varia Historia, iv, i.

182 Hérodote, II, 104.

183 Cf. Andrew Lang, The Nineteenth Century, Septembre, 1886, Egyptian Divine Myths, p. 440.

184 Maspero, Mélanges d'archéologie, X, Le Papyrus de Berlin No. I, p. 158; cf. Plutarque, de Iside et Osiride, 4.

185 Hérodote, II, 42.

186 Birch, Revue Archéologique, 1863, p. 438.

187 I, 85.

188 II, 132.

189 Cf. Champollion, Notices, I, p. 491; et Wilkinson, The Ancient Egyptians, édition Birch, pl. 61.

190 Denkmaeler, VI, pl. 106, 1. 193-4.

191 Rekhmara, pl. 21.

192 Champollion, Notices, I, p. 836.

193 Diodore, III, 32.

194 Suidas.

195 Dicearque, dans les Fragmenta Historicorum græcorum, II, p. 262.

196 De Dea Syria, 55.

197 Lucien, Toxaris, 47-8.

198 Todtenbuch, ch. 145, 1. 19.

199 Chabas, Le papyrus magique Harris, pl. vi, 1. 3-4; Birch, Transactions, V, part i, 1. 18-9; et Brugsch, Thesaurus, iv, p. 633, 1. 14.

200 Denkmaeler, iii, pl. 134, a.

201 Psaume civ, 2; Isaie, 50, 3; etc.

202 Diodore, i, li.

203 Brugsch, Zeitschrift, 1875, p. 122.

204 I, 72, 92 et 93.

205 Cf. Chabas, Le Calendrier des jours pastes et néfastes, p. 35.

206 Recueil, XII, p. 37.

207 Cf. Champollion, Notices, I, p. 407.

208 Cf. Amtuat, sixieme heure, premier registre.

209 Cf. Merenra, 1. 207, Pepi II, 1. 669, et Recueil, XIV, p. 35.

210 Cf. Horhotep, 1. 708-9.

211 Unas, 1, 468-471.

212 Teta, 1. 219-223.

213 Cf. Unas, 1. 229 et 395.

214 Cf. Bonomi et Sharpe, The Alabaster sarcophagus of Oimenepthah I, pl. 8, R.

215 Merenra, 1. 290-5, Pepi I, 1. 183-4, et Pepi II, 1. 896-7.

216 Pepi 1, 1. 169.

217 Mariette, Dendérah, IV, pl. 84, a; cf. Naville, Textes relatifs au mythe d'Horus, pl. 4; Champollion, Notices, II, p. 663; etc.

218 Pepi 1,1. 164, et Merenra, 1. 327; ,1. Unas, 1. 560, Pepi I, 1. 665, et Pepi II, 1. 703, 857-8, et 983.

219 Aelteste Texte, pl. 19, 1. 60.

220 Cf. Amtuat, deuxième heure, grand texte.

221 Cf. Pleyte, Proceedings, Novembre, 1890, p. I4-16.

222 Cf. Job, 41, 9-12.

223 Chassinat, Recueil de Travaux, xiv, p. 11.

224 Id., p. 14, Papyrus No. 3239.

225 Id., p. 14, Texte d'El-Khargeh.

226 Flinders Petrie, A Season in Egypt, p. 23.

227 Todtenbuch, ch. 108, 1. 5.

228 Unas, 1. 333-5; cf. Todtenbuch, ch. 125, I. 52.

229 Cf. Denkmaeler, IV, pl. 46, 1. 13.

230 Cf. Todtenbuch, 33, 1. I.

231 Cf. Horhotep, 1. 330.

232 Cf. Bonomi et Sharpe, The Alabaster sarcophagus of Oimenepthah, pl. 1. 6, c.

233 Horhotep, 1. 364-370.

234 Pleyte, Proceedings, Novembre, 1890, p. 24.

235 Dendérah, III, pl. 69, c; et Denkmaeler, IV, pl. 46, a, 1. 13.

236 Naville, Todtenbuch, II, ch. 125, pl. 309.

237 Antiquité historique, p. 31 a 36; cf. de Horrack, Lamentation d'Isis et de Nephthys, p. 13.

238 Horhotep, 1. 71; et Abydos, I, p. 60.

239 Unas, 1. 433-4.

240 Cf. Todtenbuch, ch. 17, 1. 39.

241 Cf. Horhotep, 1. 68.

242 Cf. Abydos, I, p. 38; et Unas, 1. 515 et 555.

243 Teta, 1. 237-9, et Unas, 1. 416-9.

244 Maspero, Mélanges d'archéologie, X, p. 150, et Recueil de travaux, IV, p. 47; cf. Pleyte, Proceedings, Novembre, 1890, p. 25.

245 De Rouge. Mémoire sur les six premières dynasties, p. 69.

246 Schliemann, Tirynthe, édition française, p. 270.

247 Lepsius, Les mitraux dans les inscriptions égyptiennes, traduction W. Berend, p. 38; Naville, Todtenbuch, I. pl. 182, 1. l0, et Les quatre stèles orientées, pl. 15; Dendérah, IV, pl. 87; Denkmaeler, IV, pl. 46, 1. 14 et 37; Brugsch, Supplément au Dictionnaire, p. 1349; etc.

248 Casanova, Bulletin de l'Institut Egyptien, 1891, p. 113-121.

249 Cf. Pepi I, 1. 180.

250 Naville, Todtenbuch, I, ch. I02.

251 Cf. Naville Les quatre stèles orientées, pl. 13 et 15.

252 Todtenbuch, ch. 17, 1. 19.

253 Cf. Unas, 1. 512; et Pepi II, 1. 690.

254 Cf. Todtenbuch, ch. 97,1. I.

255 Pl. 22; cf. Todtenbuch. ch. 97, 1. i.

256 Cf. Todtenbuch, ch. 22, fin.

257 Rekhmara, pl. 22; cf. Erman, Papyrus Westcar, i, Berichtigung, et pl. 4, 1. 10.

258 L. 46-53, et édition Naville, II, pi. 323-6.

259 Cf. Champollion, Notices, II, p. 651.

260 Denkmaeler, III, pi. 79, b.

261 Dendérah, IV, pl. 83.

262 Golenischeff, Ermitage imperial, p. 257; et Abydos, III, p. 566.

263 Horhotep, I. 559 et 560.

264 Todtenbuch, ch. 17, 1. 82.

265 Teta, 1. 89, Merenra, 1. 240, et Pepi II, 1. 619.

266 Dendérah, III, pl. 66.

267 Recueil, XIII, p. 164; cf. p. 166.

268 Zeitschrift, 1877, p. 87, et 1881, p. 119; Stèle C, 207 du Louvre; etc.

269 J. de Rouge, Edfou, pl. 8 et 126; Champollion, Notices, i, i. 279; etc.

270 Papyrus No. 6 de Berlin, Denkmaeler, VI, pl. 117, 1. 3.

271 Todtenbuch, ch. 17, 1. 83.

272 Unas, 1. 563.

273 Unas, 1. 625.

274 Todtenbuch, ch. 102, 159 et 160.

275 Cf. Pepi II, 1. 705.

276 Dendérah, I, pi. 56, a.

277 Cf. Todtenbuch, ch. 105, 1, 3.

278 J. de Rouge, Géographie de la Basse Egypte, p. 130, et Textes géographiques d'Edfou, pl. 148; Dendérah, IV, pl. 75, 1. 25.

279 Schiaparelli, Libra del Funerali, p. 83.

280 Denkmaeler, vi, pl. 115, 1. 25.

281 Ramses VII, Salle, Paroi gauche, et Ramses IX, Troisième Salle, Paroi droite.

282 Cf. Unas, 1. 271, et Horhotep, 1. 150.

283 Todtenbuch. ch. 43, 1. I.

284 Todtenbuch, ch. 17, 1. 5 et 6.

285 Etudes sur a Rituel funéraire, p. 71.

286 Unas, 1. 625.

287 Chapitre 105, 4.

288 Lane, The Modern Egyptians, édition Poole, p. 252 et 256.

289 A. Reville, Les Religions des peuples non civilises, t. I, x 210, et t. II, p. 94., 97, et 128.

290 Amtuat, onzième heure, premier registre; cf. Champollion, Notices, I, p. 790, et p. 767.

291 Bonomi et Sharpe, The Alabaster Sarcophagus, pl. 12, A.

292 Todtenbuch, ch. 108, 1. 5.

293 Champollion, Notices, I, p. 770 et 775.

294 Teta, 1. 238; et Abydos, I, p. 38.

295 Brugsch, Supplément au Dictionnaire, p. 700.

296 Bonomi et Sharpe, The Alabaster Sarcophagus, pl. 14, a, et 7, 15; cf. pl. 3, R.

297 Todtenbuch. ch. 146, 1. 25.

298 Todtenbuch, ch. 129, 1. 8 et 9.

299 Naville, Todtenbuch, pl. 215, cf. Lepsius, Todtenbuch, 97, I. 4.

300 Unas, 1. 286-8; Horhotep, 1. 15S-9; et Denkmaeler. II, pl. 145, b, 2.

301 XI, 6.

302 V. Hugo, Les Contemplations, Livre vi, 20, Relligio.

303 L. 559-560.

304 Papyrus Anastasi IV, p. 12, 1. 6.

305 Statue A 65 du Louvre.

306 Cf. Todtenbuch, ch. I, I. 9.

307 Mariette, Abydos, III, p. 481, No. 1276.