FRAGMENTS DE  COSMOGONIE CHALDÉENNE

TRADUITS

Par M. JULES OPPERT
Professeur d'assyriologie au Collège de France.

Fragments d'une collection de tablettes cosmogoniques intitulées, à cause du premier mot, les tablettes "jadis" (enuma).

[Extracted from Ledrain's Histoire d'Israël, vol. 1, appendix, 1879. See also the English translation.]

CRÉATION

COMMENCEMENT

Jadis, ce qui est en haut ne s'appelait pas ciel,
Et ce qui est la terre en bas n'avait pas de nom.
Un abime infini1 fut leur générateur,
Un chaos, la mer, fut la mère qui enfanta tout cet univers.
Les eaux qu'ils contenaient confluaient ensemble.
Il y eut des ténèbres sans rayon de lumière, un ouragan sans accalmie.

[p.412]

Jadis les dieux furent sans aucune existence,
Un nom ne fut pas nommé, un destin ne fut pas fixé.
Les dieux Luhma et Lahamu furent créés d'abord.
Un grand nombre d'années passèrent,
Jusqu'à ce que s'augmentât leur nombre.
Le dieu Assur et Ki-Assur ..................
Le dieu Bel ..............

FRAGMENT DE LA CINQUIÈME TABLETTE

Il répartit les mansions, sept en nombre, pour les grands dieux,
Et désigna les étoiles qui seraient les demeures des sept lumasi (sphères?).
Il créa la révolution de l'année, et la divisa en décades (misrat),
Et pour chacun des douze mois il fixa trois étoiles.
Depuis le jour où commence l'année jusqu'a sa fin,
Il attribua sa mansion au dieu Nibir,2 pour que les jours se renouvellent dans leurs limites,
Pour qu'ils ne soient pas raccourcis ni interrompus.

[p. 413]

Il mit à côté de celle-ci la mansion de Bel et de Hea,
Et ouvrit les grandes portes dans les côtés, près des angles;
Il raffermit le sigar à gauche et a droite;3
Aux quatre façades, il ménagea des escaliers.
Nannar (la lune) fut chargé d'éclairer la nuit,
Et il le fit se renouveler, pour dissimuler la nuit et pour faire durer le jour.
"Mensuellement, sans interruption, remplis ton disque;
Au commencement du mois, la nuit doit dominer,4
Les cornes seront invisibles, car le ciel se renouvelle.
Le septième jour, se remplira le disque de droite à gauche,
Mais il en restera ouvert, dans l'obscurcissement, a moitié.
(Au milieu du mois) le soleil sera dans les profondeurs du ciel lors de ton lever,
(Dans ta splendeur) déploie ta forme;
(Alors décrois et) tourne-toi vers pour retrouver le chemin du soleil,
(Alors changera) l'obscurcissement, retourne vers le soleil,
............... cherche le chemin du soleil.
(Lève-toi et) couche-toi, selon les lois éternelles.
...............................

(Le reste manque.)

[p.414]

Cette traduction a été exposée au Collége de France dans l'année 1877-1878.

On pourra la confronter avec la prétendue version de M. Smith, ou avec la soi-disant découverte du Sabbath, "contemporain de la création", proposée par M. Fox Talbot: ce dernier traduit le mot aga bien connu (disque) par fête (!) et introduit ainsi le Sabbath, dont rien ne parle:

"Le septième jour, il institue un jour de fête!"

Quant aux décades et aux 36 decans, le passage est clair: 12 arhi kakkabi 3 ta-aan usziz duodecim mensibus stellas ternas fecit. Comment cela peut-il signifier: Il partagea 12 mois en quatre trimestres? Nous savons par les témoignages des historiens anciens que les Chaldéens désignaient pour chaque signe zodiacal trois étoiles qu'on appelait décans. Le grand philologue Saumaise a déjà déclaré que le mot devait avoir une origine orientale. Le mot Sanscrit est dreshkana; nous proposons comme origine possible l'assyrien "tarsan" (interprète).

LA LEGENDE PRÉTENDUE DE LA CHUTE

Ces deux fragments ont été répandus comme ayant quelque rapport avec l'histoire de la chute;5 le lecteur verra que rien ne justifie cette opinion. Les morceaux sont difficiles à comprendre; l'un est un hymne adresse au dieu Nibir, l'autre un épisode de la guerre de Merodach contre Tihamat, la mer. On la comparé au [p.415] récit de Bérose, que Bel avait coupé en deux la mer, et qu'il avait fait de ses morceaux le ciel et la terre. Nous croyons que ce récit n'a pas de rapport avec ce mythe; du moins rien dans le fragment ne saurait justifier cette hypothèse.

I.

LOUANGE DU DIEU NIBIR ET DE SES SEPT ATTRIBUTIONS.

Première table.

(Le début manque.)

.............................

Il est le dieu de la vie. ... en second lieu . . .
Qui institua la lumière?
Leurs enseignements ................
Que jamais ne soient oublies leurs préceptes!
Il est le dieu de la sainte vie, en troisième lieu, s'appelle régent des telilt,
Dieu des bons vents, maitre de l'instruction et de la bénédiction,
Qui fait pousser la laine et la graisse, cause de l'abondance;
Dans des forets immenses nous avons senti son vent propice.
Qui, d'abord peu important, s'accroit pour être fort.
Qu'il appelle ses adorateurs, qu'il les exalte, qu'il les élève!
Il est le dieu du disque sacré, en quatrième lieu, qui vivifie la poussière,
Lui le seigneur de la sainte chanson, qui ressuscite les morts.
Qui pardonne aux dieux ennemis, en se retournant vers eux;
Mais il voue à la putréfaction éternelle ceux qui s'obstinent contre lui.
Pour leur former un contrepoids, il créa l'homme,

[p.416]

Le miséricordieux par lequel existe le principe de la vie.
Qu'il dure et que jamais ne soient oublies ses préceptes,
Dans la bouche de ceux dont la tète est ombragée (par la chevelure), que créa sa main.
Il est le dieu du saint charme, en cinquième lieu; que ces gestes mystérieux anéantissent l'ennemi,
Après qu'il brisa par son seul sortilège la malédiction de ses adversaires!
Dieu connaisseur des cœurs, il connait les cœurs des dieux que sa puissance éprouve.
Contre lui ne peut subsister le .......... d'inimitié.
Il rétablit la paix dans l'assemblée des dieux,
Il fléchit ceux qui sont hostiles....
Il dirige les conventions....
Oui le pacte...
Il est le dieu de la... vie, en sixième lieu ...........
Il est le dieu de ...... en septième lieu ....
..............................

Seconde face.

..................les étoiles

Il crée bien la pérennité6 des cours célestes....
C'est bien lui qui enlève au tourbillon de la mer7 son effet.
Son nom est Nibir, le voyant de l'avenir,

[p.417]

Qu'il dicte aux étoiles du ciel leurs cours éternels.
Qu'il gouverne, comme un troupeau, les dieux tous ensemble!
Qu'il conjure la mer, qu'il en clôture et qu'il en mure la digue.
Que jusqu'au dernier homme, jusqu'à la fin des jours,
Il existe sans fin, qu'il dure éternellement!
Car il a bâti les lieux, il les a formés, il les a fortifiés.
Dieu des contrées, on l'appelle Père, Bel.
Les noms des dieux cinq et deux,8 il les appela comme ils se nomment,9
Et Hea10 l'entendit, et son courroux s'évanouit.
"Oui, ses créations (les hommes) exaltent sa mémoire
A lui, comme à moi, Dieu des eaux est le nom.
Les liens de mes. .... qu'il les combatte tous.

[p.418]

"Qu'il anéantisse tous mes...11
(En proférant) les cinquante noms des grands dieux."
Les cinquante noms ils (les dieux) les prononcèrent, ils établirent son régime.
Qu'il le recommence de nouveau, pour qu'il soit toujours en vigueur.
Inexorable, sage, qu'il règne en arbitre.
Que le père accepte sa loi, et qu'il la transmette au fils.
Que le pasteur et le troupeau lui ouvrent les oreilles!
Qu'à Bel obéisse Merodach, l'arbitre des dieux,
Qu'il la fasse verdir, sa terre, qu'il (lui-même) la fasse prospérer.
Les lois de sa volonté ne sent pas de faibles mots qui lui échappent,
Et ce qui sort de sa bouche, aucun dieu ne la vilipendé.
Son cœur est vaste, son estomac est un abime.
Le péché et la malédiction s'évanouissent devant lui.
....................

(Le reste manque.)

II.

GUERRE DE MERODACH ET DE TIAMAT.

Premiere face.

.....................montra sa droite. ........
De tous côtés? Son bras envoya la terreur,
Il lança la foudre devant lui,
. ...............il remplit son corps.
Et il prononça le mot mysterieux12 qui produit le calme et le tourbillon de la mer.

[p.419]

Et il lâcha les quatre vents, que le calme de la mer ne put en sortir.
Le sud et le nord, et l'est et l'ouest,
Et il répéta le mot mystérieux, et il envoya la cohorte de son père Anu;
Il créa le vent hostile, le vent mauvais qui anéantit l'espérance,
Les quatre vents, les sept vents, le cyclone et le vent sans fin.
Et il lâcha les vents qu'il avait créés, avec une force septuple.
Et il réveilla le tourbillon de la mer, que la vague haute se succédât.
Et le maitre divin leva la foudre, sa grande arme,
Et il monta son char, qui balaye tout, que personne ne devance, qui amène le calme.

[p.420]

Il l'apprêta, et son bras fit s'élancer les quatre couples de coursiers.
.... lui l'implacable, l'inondateur, l'inéluctable.
.........................

(Le reste manque.)

Seconde face.

(Le commencement du discours de Merodach manque.)

................................
".... ne sont pas, ton inimitié me tracasse,
Sans consistance est ta force, tes flèches ne feront que chatouiller leur peau.
Le maitre de la volonté, c'est moi, et, quant à toi, il fera ce que je décide."13
Quand Tiamat entendit cela,
Elle revint à sa première résolution et changes son se dessein.
Tiamat examina avec précaution ses falaises,
Au bord et sur la surface elle fortifia sa position.
Elle compta ses chants, et elle répéta ses signes,
Et aux dieux qui combattaient avec elle, elle fit examiner leurs armes,
Et Tiamat se jeta sur le purificateur des dieu Merodach,
Qui avait imagine le mot mystérieux, comme arme dans la bataille.14
Mais le Maitre résista, et il la confondit avec son mot mystérieux,

[p.421]

Et il lâcha le mauvais vent, qui tourne le dessous en sens dessus.
Alors Tiamat ouvrit sa bouche pour engloutir ce vent;
Mais le mauvais vent était entré, de sorte qu'elle ne put fermer ses lèvres.
La puissance du vent remplit son estomac,
Son cœur se retourna, sa bouche fut obstruée,
Ses entrailles se rompirent, et sa digestion cessa.
(Le dieu) brisa son cœur et fendit son corps.
Il la fit mourir et trancha sa vie,
Il fit jeter sa. ... et dispersa sa cervelle;
Ceux qui sortirent de la mer devant lui, il les anéantit.
Il dispersa ses bataillons et chassa ses armées.
Les dieux, ses auxiliaires, qui l'avaient assistée,
Tremblèrent, eurent peur et retournèrent en arrière;
Ils mirent leur vie en sûreté, et s'enfuirent.
Ils se cachèrent, se sauvant sans courage;
Mais il les surprit et brisa leurs armes.
Rassemblés, comme un troupeau, ils restèrent comme dans un filet.
Leur force était évanouie, leur main était desséchée.
Ce qui était resté fut amène et disparut comme un kisuk.15
Et les onze rejetons, la terreur les remplit;
Un déluge sans. ... vint pour les engloutir.
.............................

(Le reste manque.)

Nous avons assez souvent rendu à M. Smith la justice que mérite la découverte de tous les textes précieux dont il a signalé l'existence. Nous avons, avant tout autre, rendu hommage à la mémoire d'un homme qui est mort dans la force de l'âge, d'un martyr de la science, dont il avait agrandi le domaine. Mais cette science aussi a ses droits.

Dans les deux morceaux dont nous venons de donner la traduction, aussi consciencieuse que possible aussi exacte que le permet l'état embryonnaire de nos [p.422] connaissances du lexique assyrien, il n'y a pas un mot qui puisse justifier la moindre comparaison avec la chute de l'homme, telle qu'elle est présentée dans la Genèse.

Il est temps enfin, dans l'intérêt de la science, de couper court à toutes ces tentatives de traduction, qui ne rendent pas le texte, et d'en empêcher la vulgarisation par des ouvrages trop peu muris et trop imprudemment compilés. Les textes sont très difficiles à comprendre; mais c'est une raison de plus pour travailler davantage a leur interprétation. Une science nouvelle, comme l'assyriologie, doit surtout être sur ses gardes, et ceux qui la représentent ne devraient pas s'exposer au reproche très autorisé de légèreté, en reproduisant, comme faits acquis à la science, des versions dont rien ne subsistera après un examen consciencieux du texte original.

LA LEGENDE DU DELUGE

Deux récits chaldéens du déluge, assez divergents l'un de l'autre, nous ont été conserves, l'un dans les fragments de l'historien gréco-babylonien Bérose, l'autre dans l'épisode d'une épopée assyrienne, dont Georges Smith a découvert des fragments. Nous offrons la traduction de ce morceau, dont le savant anglais a essayé une version, malheureusement trop peu exacte dans les détails; la mutilation du texte rend sur quelques points la tâche difficile. Nous avons mis entre parenthèses les restitutions que nous proposons.

Voici la mise en scène. Un dieu d'ordre inferieur dont nous devons épeire le nom Istubar (mais dont nous ne connaissons pas la véritable prononciation16), [p.423] guerrier et chasseur, s'allie, après plusieurs aventures, avec un autre être divin, Belbirut, pour tuer Khumbaba, dont le nom, sinon le mythe, est conservé dans le Combabus de Lucien. Les hauts faits d'Istubar lui valent l'amour de la déesse Istar (Astarté); elle le persécute de son affection, qu'Istubar répudie avec dédain. La déesse méprisée fait affliger Istubar d'une maladie impure; afin de se débarrasser de ce fléau, il voyage sur son vaisseau, pour voir le dernier roi antédiluvien de Babylone qui, sauvé du déluge par la miséricorde des dieux, jouit d'une vie éternelle dans une ile lointaine, aux confins de la terre. Le roi Adrahasis (Adra-Khasis ou Khasisu-adra, d'où est venu le nom de Xisuthrus que lui donne Bérose) fait alors à Istubar le récit du déluge et de sa propre conservation. Quelque élève que soit l'intérêt que doit nous inspirer cette narration,17 elle n'est pas le document où a puisé Bérose, dont l'exposé contient des dates historiques et [p.424] chronologiques18, tout comme le passage de la Genèse, qui, sous ce point de vue, offre bien plus de rapprochements avec l'historien babylonien qu'avec le poème dont on va lire la traduction.

ONZIÈME TABLETTE DE L'ÉPOPÉE D'ISTUBAR.

Ier colonne.

Istubar dit après cela à Adrahasis, le lointain:19
"Il faut que je te pose une question, ô Adrahasis.
Le nombre de tes années ne change pas: en cela tu me ressembles.
Et toi-même tu ne changes pas: en cela tu me ressembles.
Ta perfection est de rester toujours au même point,
(Les faiblesses de l'âge) ne s'amoncellent pas sur ton dos.
(Dis moi) comment tu as agi que tu vis ainsi dans la compagnie des dieux."
Adrahasis alors dit a Istubar:
"Je veux te révéler, ô Istubar, le mystère de ma conservation,
Et le secret des dieux je te le manifesterai.

[p.425]

Il est une ville de Surippak que tu connais et dont j'étais le prince;
La ville est antique, mais (l'impiété contre) les dieux la remplissait.
(Et moi seul étais) le serviteur des grands dieux.
(Les dieux voulurent la détruire) Istar (?) et Anu
(Un déluge fut proposé par) Bel-El
(Et lui consentirent) Nebo, Nergal et Ninip.20
Mais Kin,21 le seigneur de l'abime,
Me révéla leurs intentions (dans un songe).
Il me fit sa révélation, et parla ainsi:22
"O Surippakite, fils d'Otiartes23,
Toi, fais un vaisseau, et achève-le (vite).
(Un déluge) engloutira la semence des êtres vivants.
Porte la semence des êtres vivants, quels qu'ils soient, sur le navire.
Le navire que tu bâtiras,
Un ner (600) d'empans mesurera son étendue,
Un soos (60) d'empans sera le compte de sa hauteur et de sa largeur.
Sur la surface de l'Océan lance le vaisseau."
Moi, je compris, et je dis à Kin, mon seigneur:
"Le vaisseau, dont tu m'as ordonné la construction,
(Comment) pourrais-je le faire moi (seul)?
Mais les hommes dans la force de l'âge et les vieillards (m'aideront)."
Kin alors ouvrit sa bouche et dit, et parla ainsi à moi, son serviteur:

[p.426]

"(Le dessein des dieux), tu le leur communiqueras.
(Le reste des hommes) m'a dédaigne,24
(Et je vengerai) ce qui a été fait contre moi:
(Je ne les sauverai pas), ainsi que c'est la volonté (des dieux).
Je tiendrai un jugement sur ce qui est en haut et en bas.
(Pour vous sauver), ferme le navire,
(Quand viendra) le déluge que je te prédis.
Monte sur le navire et ouvre la porte du vaisseau.
Portes-y ton blé, et tes ustensiles, et ta nourriture,
Tes objets précieux, tes esclaves, tes servantes et les hommes dans la force de l'âge,
Les troupeaux du désert, les bêtes du désert, tout ce qui y séjourne.
Comme je te le prédis: ta porte préservera (tout)."
Adrahasis ouvrit sa bouche et dit,25
Et parla à Kin, son seigneur:
"Comme n'importe qui, je ne ferai pas le navire.
(Sans pareil?) dans l'univers, je le charpenterai.
(Sa beauté?) que la voie?26
(Comme lui), dans l'univers, un vaisseau n'existera pas,
Ce vaisseau dont tu m'as ordonné la construction. .. "

Colonne II.

"Puissant27 .............
Après ces cinq jours, je commençai (premièrement à ramasser les matériaux).
Puis, sur le chantier, je disposai dix toises pour les briques.
Dix toises furent mesurées (pour les poutres)...
Je fis le plan du navire (quatrièmement), puis je le charpentai (cinquièmement).

[p.427]

Je rivai le vaisseau sixièmement, et je départageai ses étages septièmement
Je départageai les compartiments huitièmement.
J'ouvris en dedans des réservoirs pour recevoir les eaux.
Le reste du gréement et les choses nécessaires, je les ajoutai;
Trois sars de gâteaux de bitume, je les employai sur l'intérieur,
Trois sars de gâteaux de bitume, je les employai sur l'extérieur.
Trois sars de clous (?) supportaient les paniers contenant les pains;28
Un dixième de sar de flans devait être mangé par les agneaux.
Trois sars de flans, je les distribuai aux matelots.
Pour (la nourriture) et l'abatage des bœufs, je fis des arrangements pour chaque jour;
(Puis, j'apportai) des boissons, des pains et du vin
En quantité comme les eaux des fleuves,
(De la farine)29 comme la poussière de la terre;
............. des pains, je mis la main.
(La lumière) du soleil était exclue du vaisseau ainsi achevé.
......................30
Les ... 31 je les fis placer en haut et en bas,
(Les eaux) les couvraient aux deux tiers.
Tout ce que j'avais, je le ramassai,
Tout ce que j'avais en argent, je le ramassai,
Tout ce que j'avais en or, je le ramassai;
Tout ce que j'avais, je le ramassai en fait de races vivantes de toute sorte.
Je fis monter sur le navire tout ce que je possédais en esclaves et servantes,
Les troupeaux du désert et les bêtes du désert;

[p.428]

Les hommes dans la force de l'âge, tous je les fis monter (en leur disant:)
Samas (le soleil) doit amener un ....:
Il enverra des ténèbres combine dans la nuit, il fera pleuvoir des pluies torrentielles.
Entre dans le vaisseau, et ferme ta porte;
Car ce déluge sera terrifiant.
Il y aura des ténèbres, comme dans la nuit, et il pleuvra des pluies torrentielles.
Toi, pendant quatre jours, tu pourras le détourner (par la prière);
Mais, le jour ou le destin s'accomplira, chasse la crainte."
J'entrai dans le navire, et je fermai la porte,
Pour fermier la porte (d'abord) et (puis) pour pouvoir distribuer l'espace aux matelots.
Men palais, je l'abandonnai avec ses trésors.
Une accalmie de vents régnait vers l'aube,
Mais des profondeurs des cieux surgit un nuage noir.
Ben lâcha ses éclairs au milieu (de ce nuage),
Nebo et Bel marchaient en avant,
Ils marchaient en faisant trembler les monts et les vallées.
Nergal, le puissant, traine après lui l'ouragan.
Ninip s'approcha et répandit l'obscurité.
Les Anunna enlevèrent toute lumière;
Dans leur marche, lis entamèrent la surface de la terre,
pendant que Ben chercha a atteindre le ciel avec ses foudres,
Et que, sans briller, il retourna vers la terre.

Colonne III.

Les vagues comme des..., couvraient (la terre).
Les êtres vivants .............
(Il y eut) des luttes entre les hommes cherchant (leur salut32).

[p.429]

Le frère ne voyait pas son frère,
Les hommes ne se reconnaissaient pas entre eux:
Les dieux mêmes craignirent l'orage.
Ils se ravisèrent et s'acheminèrent vers le ciel d'Anu.
Les dieux étaient comme un chien de garde qui se tient couché dans les coins.
Istar cria comme une femme en couches.
La grande déesse, qui est bonne à entendre, parla ainsi:
"La création est vraiment redevenue de la boue,
Ce que, en présence des dieux, j'annonçais en ennemie.
Mais, ainsi que, dans la présence des dieux, je l'ai annoncé en ennemie,
J'ordonne à ce malheur, qui frappe mes hommes, qu'il s'arrête.
Moi, la mère, j'ai enfanté mes hommes,
Et aujourd'hui, comme un essaim de petits poissons, ils peuplent la mer.
Les dieux, joints aux Anunna,33 pleurent avec moi."
Les dieux; assis dans leur endroit, pleuraient,
Mais ils fermaient leurs lèvres, pour laisser s'accomplir la fin.
Pendant six jours et nuits 
Régnaient le vent, l'orage, et la destruction balayait tout,
Le septième jour, à son approche,
Les eaux torrentielles de l'orage s'arrêtèrent,
Ce qui (s'annonça par une secousse) comparable a un tremblement de terre.
La mer devint tranquille, le vent se calma, et l'orage cessa.
Je remarquai que la mer avait fait son œuvre de destruction,
Et que toute l'humanité avait de changée en boue.
Comme des roseaux, flottaient les cadavres.
J'ouvris la fenêtre, et la lumière pénétra sur la surface de ma figure.
J'en fus ébloui. Je m'assis, et je pleurais;
Sur toute ma figure se répandirent des larmes.
J'observai les régions sur l'étendue visible de l'Océan,

[p.430]

Mais, vers les douze maisons de l'horizon, pas de continent.34
Au-dessus du pays de Nizir (salut) flotta le vaisseau;
La montagne de Nizir l'arrêta et ne donna pas passage.
Le premier jour, le deuxième jour, le mont Nizir fit de même.

[p.431]

Le troisième jour, le quatrième, le mont Nizir fit de même.
Le cinquième jour, le sixième jour, le mont Nizir fit de même.
Le septième jour, quand il s'approcha,
le fis sortir et je lâchai une colombe;
La colombe s'en alla et revint.
Elle n'avait pas trouvé d'abri et s'en était retournée.
Je fis sortir et je lâchai une hirondelle;
L'hirondelle s'en alla et revint.
Elle n'avait pas trouvé d'abri et s'en était retournée.
Je fis sortir et je lâchai un corbeau;
Le corbeau s'en alla et vit les cadavres dans la mer;
Il mangea, nagea, s'éloigna et ne revint plus.
Je fis sortir un agneau, et je sacrifiai aux quatre vents.
Je fis un feu expiatoire sur la crête des montagnes.
Sept par sept, j'amoncelai des jars vides,
Dans le fond j'amassai des roseaux, du cèdre et du cyprès.
Les dieux flairèrent cette odeur.
Les dieux flairèrent cette bonne odeur.
Les dieux, comme des mouches, s'amassèrent auprès du maitre des sacrifices;35
Alors la grande déesse, à son arrivée,
Enleva les grandes amulettes que le dieu Anu avait faites, selon le désir (des dieux).
O dieux, ceux-ci sont vraiment comme les albâtres de mon collier, je ne les oublierai pas!

[p.432]

Colonne 1V.

X

"O dieux, ceux-là je les aime, et je ne les oublierai jamais.36
Que tous les dieux veuillent approcher du feu expiatoire.
Mais que Bel-El n'approche pas du feu expiatoire,
Car il ne s'est pas maitrisé et a produit le déluge,
Et il a parqué les hommes dans une arche."
Alors Bel-El, quand il approcha,
Vit le navire; il resta stupéfait,
Il s'emplit de colère contre les dieux cinq et deux.37
"Personne qui respire ne sortira,
L'homme qui est dans cette arche ne vivra pas!"
Ninip ouvrit sa bouche et dit,
Et parla ainsi au héros Bel-El:
"Personne, si ce n'est Kin, n'a dévoilé le dessein,
Car Kin le connaissait, et il connait tout."
Kin ouvrit sa bouche et dit,
Et parla ainsi au héros Bel-El:
"O toi, purificateur des dieux, héros,
Puisque tu ne t'es pas maitrisé, tu as fait le déluge.
Le pécheur a expié son pèche,
Le méchant a expié son forfait.
Mais le crime n'est pas exterminé, le mal n'est pas détruit.
Pourquoi as-tu fait le déluge?
Des lions auraient dû surgir pour décimer les hommes.
Pourquoi as-iu fait le déluge?
Des léopards auraient dû surgir pour décimer les hommes
Pourquoi as-tu fait le déluge?
Une famine aurait pu exister et dépeupler la terre.
Pourquoi as-tu fait le déluge?
La guerre aurait pu surgir et détruire les hommes.

[p.433]

"Ce n'est pas moi qui ai révélé les secrets des grands dieux.
Adrahasis s'est interprété un songe et a compris le secret des grands dieux."
Depuis ce moment, Bel-El maitrisa sa colère,
Et il monta au milieu du navire;
Il saisit mes mains et me souleva;
Il fit lever et éblouit la femme de me côtés:
Il se tourna vers nous et disparut, en nous frôlant de très près38
"Jusqu'a maintenant, Adrahasis a été un homme périssable;
Dorénavant, Adrahasis et sa femme vivront comme nous autres dieux.
Et Adrahasis demeurera au lointain, à l'embouchure des fleuves!"
Il me saisit et me plaça a l'embouchure des fleuves.
Désormais, toi, quiconque des dieux t'a pris pour compagnon,
La vie que tu cherches, tu l'as trouvée.
Seulement je laisserai passer six jours et sept nuits.
Mais alors comme une liasse de flèches reliées sera sa force (de la vie),
Et les années de l'âge passeront sur elle, chassées par le souffle comme un nuage.

Ce qui suit, âpres cette allocution, adressée à Istubar est estranger au récit du déluge même. La narration continue en parlant du conseil qu'Adrahasis tient avec sa femme pour purifier le héros de l'épopée et pour le guérir de sa maladie. Ayant recouvré sa santé, Istubar monte sur son navire, conduit par le timonier Uriel, et retourne à Uruk, ville de sa résidence.

Le récit du déluge offre quelques comparaisons avec celui présenté dans la Genèse, mais il lui manque le cote moral. On ne se rend pas suffisamment compte de la raison d'être de cette catastrophe; le développe- [p.434] ment et la péripétie montrent plutôt une sorte d'animosité mutuelle des dieux entre eux qu'un courroux justifié contre l'humanité. Ce n'est pas le dieu qui est cause du déluge qui prévient l'innocent, le Noé babylonien: c'est l'antagoniste du destructeur qui joue à cette divinité le tour de prévenir la victime du désastre projeté. En somme, en dehors de la construction de l'arche, il n'y a que le récit de la fin du déluge et les détails relatifs aux oiseaux lâches par Xisuthrus qui rappellent la narration mosaïque. Nous sommes très heureux d'avoir, à défaut d'autres textes, au moins ce document assyrien, qui, en sa qualité d'épisode d'un grand poème, ne devait exposer que les grands traits de la catastrophe, sans s'arrêter aux détails si curieux que les chronographes grecs nous ont transi au sujet du cataclysme chaldéen.

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FOOTNOTES

1 Apsu, "l'abime". Smith avait déjà assimilé l'Apasou de Damascius, sans toutefois comprendre le sens du verset.

2 Voici quelques échantillons de la traduction de M. Smith:

"Magnifique était tout ci qui était apprit par les grands dieux;
Il arrangea l'apparition des étoiles en forme d'animaux:
Pour définir l'année par l'observation de leurs constellations,
Il coordonna douze mois d'étoiles en trois séries,
Depuis le jour ou l'année commence jusqu'à sa fin,
Il délimita les positions des planètes pour qu'elles brillent dans leurs orbites,
Pour qu'ils ne fissent pas de dommage ni ne troublassent quelqu'un, etc."

Il est à remarquer que le texte original ne comporte pas cette traduction: le même mot "uddu, se renouveler" est traduit, 1. 3, par "définir", 1. 6 par "briller". Le mot "animal", 1. 2, ne se trouve pas dans le texte; du mot de décade il fait "observation de constellations."

3 Smith: Dans sa masse inferieure (du chaos) il fit une cuisson (boiling). L'apostrophe adressée à la lune n'est pas comprise non plus.

4 La nuit est au faîte. Le verbe napah ne peut pas signifier "se lever", comme j'avais traduit jadis, et comme on l'a toujours répété d'après moi. Ce verbe signifie "être an zénith", et le mot nappahti est le zénith: cela répond à tons les passages où ce mot se trouve, comme aussi à celui-ci.

5  Voici quelques lignes de la traduction de Smith (1. 4 ss.):

"Que ne manquent a la préparation ......
Le dieu Ziku cria en hâle: Guide de la pureté,
Bon parent, maître de l'intelligence et du droit,
Auteur de fécondité et d'abondance, fondateur de la fertilité,
Un autre est monté à nous et a augmenté puissamment, etc., etc."

6 De ce signe kun, l'éternité, Smith fait "la queue" du serpent.

7 Ce "tourbillon" de la mer, opposé au calme, est le "serpent" de M. Smith, M. Delitzsch et d'autres. Cette erreur est une des plus étonnantes au point de vue de il philologie, et l'on ne l'explique que par le désir de trouver, coûte que coûte, le serpent. Le mot est rapas. Regardé froidement, on ne voit pas comment le serpent peut entrer dans le sens du texte; d'ailleurs l'on parle du rapas de poussière!

8 . Les planètes.

9 M. Delitzsch, le traducteur de M. Smith, a remarqué, avec pleine raison, que peut-être pas une seule ligne de ce morceau n'était bien traduite par le savant anglais. Aussi renonçons-nous à le suivre dans ses versions complètement incompréhensibles. Voici, comme échantillon, le commencement de la seconde partie:

" ....l'étoile ........
Qu'il saisisse la queue et la tète ...........
Parce que le dragon de Tiamat avait........
Sa punition les planètes, possédant .......
Auprès des étoiles du ciel mêmes qu'ils puissent
Comme un agneau. Que les dieux tremblent, eux tous;
Qu'il lie Tiamat, qu'il ferme sa prison, et qu'il l'entoure autour,
Après cela, que le peuple des temps reculés
Les écarte, qu'il ne les détruise pas.... pour toujours.
A la place, qu'il avait créée, il affermit.
Le maitre de la terre proféra son nom, le dieu Ilu
Dans les rangs des anges annonça leur malédiction, etc."

10 Le nom de ce dieu, maitre de la terre et des profondeurs, est Kin.

11 Les cinq lignes, discours places dans il bouche d'Heakin, l'Océan, manquent dans l'un des deux exemplaires de ce texte.

12 Le terme sapar, on en a fait un glaive! Il coupe le tourbillon, c'est-à-dire le serpent. On a même déjà trouve que le sapar était sabre, comme ceux des Turcs. C'est un verbe, un honover, un ôm. M. Smith traduit:

"Et il fit le glaive pour faire taire le dragon de la mer.
Il ensorcela les quatre vents, pour qu'ils ne sortent pas de leur blessure
Vers le sud, le nordé, l'est et l'ouest.
Il fit tenir sa main le glaive devant le bocage de son père Anu.
Il créa le vent hostile, le vent mauvais, l'orage, l'ouragan.
Les quatre vents, les sept vents, le... et le vent sans règle,
Et il lâcha les vents, qu'il avait crées sept en nombre.
Le dragon de la mer s'étendit, vint après lui (âpres quoi?)
Il porta la foudre, sa grande arme (le dragon?)."

On lit dans un hymne:

"Merodach, qui peut résister à ta puissance?
Ta volonté est le sapar que tu expliques au ciel el à la terre.
Commande à la mer, et la mer obéira.
Commande à l'ouragan, et l'ouragan se taira, etc."

On voit que le mot ne peut pas signifier un glaive!

13 M. Smith traduit:

"............... Tu maitriseras ton mal,
Le tribut à ta maternité doit leur être imposé par les armes,
Je (ton mari) prêterai assistance, et de toi ils seront faits la proie."

14 C'est probablement à cause de ce passage qu'on avait cru voir une arme dans le sapar; mais on ne crée pas le vent avec un glaive.

15 Mot inexpliqué.

16 Istubar, un génie du feu peut-être, ou aussi simplement un idéogramme qui signifie "le dieu de la grosse lèvre inferieure."

17 Le regrettable Georges Smith a seul jusqu'ici traduit le texte; il est justice de dire que toutes les interprétations publiées, sans exception aucune, sont des versions de son travail anglais. La traduction que je donne ici n'est pas parfaite; il y a dans le monde encore autre chose de révisable que les constitutions. Mais, au moins, elle s'est efforcée, dans la mesure du possible, de rendre aussi fidèlement que faire se peut ce texte difficile et tronqué par-dessus le marché. Il faut rendre cet hommage à Smith qu'après lui, ni en France, ni en Angleterre, ni en Allemagne, aucun assyriologue n'a affronte l'inscription du déluge. Nous devons à la mémoire du jeune savant de ne pas insister sur les objections que nous pourrions soulever contre sa traduction; mais, à part quelques passages que nous indiquerons, toutes les parties de son essai, très souvent inintelligible, nous forcent à regret à ne pas accéder à ses vues. Voici le commencement:

Istubar à lui dit aussi à Hasis-adra, le lointain:
"Je suis surchargé avec l'affaire, Hasis-adra,
Pourquoi lu ne répètes pas à toi de moi,
Et tu ne répètes pas à toi de moi
Ta cessation; ton cœur à faire la guerre
Pressée de toi, je viens après toi.
... Comment tu as fait et dans l'assemblée des dieux vivant lu as place."

L'anglais n'est pas plus intelligible que le français; c'est la première version anglaise qui a paru dans le Times, et traduite dans et Journal officiel, et que l'auteur n'a jamais révisée.

18 Xisuthrus régna la bagatelle de 64,800 ans la chronologie de Bérose met le déluge en 41,697 avant Jésus-Christ, 39,180 ans ou 653 sosses avant l'époque historique (2,517 av, J.-C.).

19 Ou le sempiternel. Adrahasis est écrit avec deux signes qui signifient "éternellement vivant."

20 Cette restitution des lignes, dont la fin seule est réservée, semble être indiquée par la suite du récit. Il est probable que le texte que nous possédons est raccourci; car la méchanceté des hommes, la raison de la colère des dieux, n'est pas suffisamment exposée.

21 C'est le dieu que généralement on prononce Hea.

22 Passage difficile.

23 Nous ne connaissons pas la forme babylonienne de ce nom; il est écrit par deux idéogrammes signifiant "révélateur du dieu générateur". Otiartes est la forme grécise.

24  Nous n'avons pas les légendes qui se rattachent à cette accusation.

25 Le récit oublie ici qu'Adrahasis raconte lui-même.

26 Tous les versets sont mutilés.

27 Ce seul mot est conservé.

28  Les flans, le mode de pain oriental.

29 Texte mutilé.

30 Verset manquant.

31 Mot conservé, mais inexpliqué.

32 Ces lignes sont mutilées.

33 Esprits terrestres.

34 Smith traduit:

A douze (mesures), surgit le continent.

Mais le continent ne surgit pas. Les douze ite sont les douze maisons de l'horizon, que nous retrouvons encore dans l'astrologie moderne: l'auteur anglais a fait un mot itela, de ite et la, point. Mais les lignes suivantes de la version de Smith sont, sauf quelques incorrections grammaticales, irréprochables, et c'est pour insister sur ce fait que nous avons corrige cette erreur parmi tant d'autres. Le récit concernant les oiseaux lui appartient. Puisque nous avons donné le commencement de la version de Smith, nous en donnons la fin, que nous traduisons scrupuleusement:

Il prit ma main et me fit lever,
Il me fit lever et amener ma femme à mes côtés,
Il purifia le pays, fit un contrat et prit le peuple,
Dans la présence de Hasisadra et le peuple.
Lorsque Hasisadra, et sa femme, et le peuple furent emmenés pour être égaux aux dieux.
Alors Hasisadra demeura dans une place éloignée, à l'embouchure des fleuves.
Ils me prirent et ils me mirent dans une place éloignée, a l'embouchure des fleuves.
Quant à toi que les dieux ont aussi choisi.
Pour la santé que tu cherches el demandes,
Fais cela six jours et sept nuits,
Comme dans un siège aussi par les contrats lie-le.
Le chemin, comme un orage, sera mis sur lui.

L'analyse du texte et le bon sens ne recommandent pas cette version. Ainsi, Smith aurait certes vu, à une révision quelconque, que le nom de Hasisadra, trouvé trois fois de suite, est mis dans la bouche du dieu, revenu de sa surprise et de son courroux: il aurait réformé tout ce passage de sa traduction première, et il se serait conformé aux exigences du texte original relativement lucide et au surplus complet. Ces textes-là sont souvent incommodes; il faut les interpréter comme ils sont: c'est une tâche quelquefois plus difficile à résoudre que ne l'est celle qui consiste purement à faire des hypothèses de restauration sur des passages que l'on n'a plus en entier, et où un vaste champ est ouvert à l'imagination.

35 C'est-a-dire moi.

36 Nous ne connaissons pas le mythe qui se rattache à ces paroles. Les mots "ceux-là" désignent les hommes survivants.

37 Les sept dieux qui président aux planètes

38 Littéralement; ad latus nostrum attigit nos.